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L'Atelier Fan Area => Fanfics => Discussion démarrée par: Izaky le Janvier 31, 2018, 08:30:49



Titre: Hold On To What If (avertissement pour les plus jeunes)
Posté par: Izaky le Janvier 31, 2018, 08:30:49
En-tête

Titre : Hold On To What If
Genre : Aventure, science-fiction, drame
Description : Lirane Underground (la vraie personne hein) a eu l'idée d'une fanfic PSo avec les membres du staff, notamment Izaky le rebelle contre Metal-Mighty le méchant. Avec l'arrivée de Sonic Forces, l'envie d'écrire cette fanfic dans le contexte du jeu m'a plu et j'en profite pour faire une sorte de remake de l'histoire du jeu.
Je tiens à préciser que c'est violent et qu'il y a des scènes parfois explicites et trash. Si vous êtes sensibles, ne venez pas lire. Si vous êtes habitués, rien ne vous choquera.
Par ailleurs, si le texte traite d'abord pas mal des personnages inspirés par le staff pour correctement les introduire, je développe également les personnages de Sonic. Il y en a pour tout le monde, notamment les plus délaissés (Tails et Knuckles notamment ont/auront droit à leurs remises en question ou les ont déjà eu par le passé).
Synopsis : 5 années ont passé depuis la conquête d'Eggman sur le monde de Mobius. L'homme à tête d’œuf possède 99% de la planète, le dernier rempart étant la faible résistance écrasée par la force nouvelle du tyran aidé de son nouvel allié, Infinite. Frappé de plein fouet par l'assaut de l'egg-army sur sa ville, Izaky se retrouve au bord de la mort face à un choix cornélien que lui offre Metal-Mighty, un commandant robotique aussi froid que cruel...

Chapitre 1

Meeting The Iron

Je ne pouvais clairement voir où je me trouvais. Ma vision était brouillée, je sentais qu’il me manquait de l’énergie. J’essayais tant bien que mal de retrouver ma concentration mais je ne pouvais qu’entendre. Les cris continuaient d’affluer alentours, entre panique et agonie. Pourquoi les gens criaient-ils ? Pourquoi étais-je là déjà ? Je devrais me lever pour regarder autour mais… Quelque chose semblait retenir mon bras droit. Fermant les yeux qui de toute façon ne me servaient à rien, je me concentrais pour m’appuyer sur mon coude gauche. Je sentais que j’étais allongé mais il était difficile de savoir où, quand et comment. Calme, je rouvris les yeux sur mon bras gauche, apparemment appuyé sur des débris de pierre. Heureux de pouvoir à nouveau voir un peu, je regardai mon bras droit. Une interjection simple et efficace me vint alors, comme si j’essayais d’ignorer ce que je venais de voir pour ne pas hurler de panique :
- Et merde.
Mon avant-bras était broyé sous un rocher. Ironiquement, je sentais très légèrement les extrémités de mes doigts bien que sentir fut un bien grand mot : la douleur était indissociable des autres sensations tant elle était intense. Je pense que mon cerveau ne faisait plus trop la différence entre souffrance et sensations normale à cet instant précis.
Tentant encore de garder mon calme et de me convaincre moi-même que je m’en remettrais alors que, quand même, j’avais le bras broyé et que mon sang ruisselait sur les débris d’une bâtisse… Je tentais d’observer les alentours. Le manque de sang troublait ma vue et il m’était difficile de correctement comprendre la situation, en-dehors du fait que j’allais certainement mourir.
La ville était en ruines et les survivants courraient ça et là alors que les salves de la flotte d’Eggman continuaient à tirer tous azimuts, achevant la cité comme ses habitants. Je me souvenais alors avoir entendu un grand boom un peu plus tôt avant de voir un mur s’écrouler… J’avais du prendre un mauvais coup à la tête. Mais où était Lirane ?
Lirane était une hérissonne insupportable, blaguant dans les pires situations, ce qui faisait opposition à son caractère particulièrement sérieux lorsqu’elle travaillait. Sa fourrure de piquants était verte mais elle s’était amusée à teindre en violet une floppée de mèche de cheveux pour « avoir l’air underground ». Une gamine facilement reconnaissable en somme.
Tournant doucement la tête sur la gauche, je l’apercevais, assommée. Par chance, son visage était tourné vers moi et je pouvais distinguer sa respiration malgré son expression particulièrement stupide. On aurait dit qu’elle s’amusait alors qu’elle avait perdu connaissance… aujourd’hui encore je ne comprends pas cette fille. Néanmoins, elle était vivante, ce qui me rassurait un peu.
Seulement, il manquait quelqu’un d’autre. Où était Lumina ? Celle que j’aimais ? Et mes parents ? Tout ce que je pouvais constater, c’est une flaque de sang dans laquelle trempait un mur écroulé. J’en déduisais qu’au moins une personne avait fini écrasée… Mais qui ? Il était impossible de savoir. Tout ce que je pouvais faire, c’était attendre en gardant mes forces autant que possible. Rester conscient était un supplice.
Les minutes passèrent, lentement, allongeant ma souffrance plus que de raison. A mesure que je sentais l’épuisement devenir de plus en plus intenable, le stress montait. Entre la peur de la mort et la perte de mes proches, je n’arrivais pas à garder mon sang-froid. Et tout était si sombre, si flou. Toutes mes pensées allaient vers Lumina… et cette idiote de Lirane qui ne reprenait pas conscience. Je ne pouvais même pas l’appeler. Tout ce que je savais à cet instant, c’était que les explosions ne semblaient pas s’arrêter.
Les explosions ? Quelles explosions ? Je n’en entendais soudain plus aucune. Avaient-ils arrêté ?
Quelques minutes passèrent dans le silence. Des bruits de pas se rapprochaient, je les entendais de plus en plus distinctement. Ils étaient nombreux et marchaient en rythme, certainement une infanterie. Certainement… l’ennemi. Leurs pas étaient si lourds, si puissants qu’à mesure qu’il approchaient, le sol tremblait de plus en plus.
- Halte ! s’exclama une voix autoritaire et légèrement robotique.
Les soldats s’arrêtèrent comme un seul homme, les sons de leurs pas se stoppant au même instant. Une nouvelle série de pas ne laissa pas de silence s’installer, cette fois-ci appartenant certainement à une seule personne. Je ne voyais rien, il était impossible de comprendre ce qui se passait et je commençais à ressentir un mal de tête. Mes capacités de réflexion étaient au plus bas et la panique au plus haut. Les pas s’arrêtèrent non loin de moi et la même voix robotique s’éleva sur un ton relativement moqueur :
- Eh bien, quelle résistance.
Je compris qu’on s’adressait à moi. Je relevais légèrement la tête et forçait un focus sur mes yeux. Je devais voir. Il le fallait.
- Tu as perdu tellement de sang ! poursuivait la voix. C’est un miracle que tu sois encore en vie.
Je réussi à retrouver en partie mon acuité et vis à ma gauche une paire de jambes rouge bordeaux, surplombant des pieds en métal. Les jambes s’accroupirent et je pus voir un robot ressemblant à s’y méprendre à un tatoo. Il portait une longue cape noire, une paire de lunettes de protection sur le front et son œil droit était abimé ce qui laissait paraitre son statut de machine.
Tout en me fixant avec une expression sérieuse, il continua son monologue :
- Je cherche des dur-à-cuire comme toi dans les décombres. Nous avions pour ordre de tuer tout le monde mais je ne suis pas toujours de l’avis d’Eggman. Je pense que nous avons suffisamment tué aujourd’hui. (Il tendit sa main vers moi en signe de proposition.) Nous rejoindras-tu ? Si tu le fais, je te promets de ne plus tuer personne pour aujourd’hui.
J’aurais pu accepter pour protéger tout le monde. J’aurais du accepter. Il était certainement sincère, certainement ne voulait-il pas forcément massacrer tout le monde au nom d’un ordre capricieux. Seulement, à cet instant-là, mon stress s’était mué en rage. J’étais paralysé par l’épuisement et mon esprit était brouillé mais une chose était sûre : je n’accepterais jamais de rejoindre le bourreau de ma ville.
Je ne pouvais pas parler. Alors je me suis contenté de lui cracher dans la main. Je n’ai même pas réussi à la toucher mais le geste était là, la réponse avec. Le robot baissa lentement la tête vers le crachat avant de me regarder à nouveau.
- Quel dommage. (Il se releva lentement en continuant de parler.) Alors… je n’ai toujours pas envie de tuer tout le monde mais je déteste qu’on crache sur un de mes gestes de sympathie. Egg-pawn-133 !
Un des sbires oranges du tatoo mécanique s’avança avec un corps dans les mains.
- Oui, commandant Metal-Mighty ?
En me concentrant suffisamment, je pus déceler le corps que tenait le robot orange. C’était une chatte évanouie. Ses poils étaient argentés et elle était habillée d’un short en jean et d’un tee-shirt à manche déchiré que je connaissais bien. Trop bien.
J’aurais aimé crier « Lumina ! » et me ruer sur l’egg-pawn. Malheureusement, j’étais aphone et cloué au sol.
- Eh bien, reprit Metal-Mighty d’une voix beaucoup trop calme. Quel écarquillement yeux. J’en déduis que tu la connais bien ? On l’a trouvée juste à côté.
J’aurais voulu répondre ou me lever. Malheureusement, tout ce que j’ai pu faire à cet instant fut de regarder le bras gauche du commandant ennemi se lever et tirer sur celle que j’aimais avec une arme laser. Le corps de Lumina tomba au sol, son visage endormi et mutilé face à moi. Son œil droit avait disparu, ne laissant qu’un trou béant. Mon cerveau perdit les sens de la réalité quelques instants.
Un trou. Dans sa tête. Elle n’avait plus de tête. Sa tête. Sa tête avait un trou. Elle était blessée mortellement. Mortel. Morte. Elle était morte. Lumina était morte. Je devais réagir. Elle était morte. Je voulais réagir. Sa tête était trouée.
Tout ce que je réussis à faire à cet instant fut de pousser de petits cris étouffés de désespoir. Des larmes de rage montèrent, incontrôlables. Celles-ci n’arrêtèrent évidemment pas le robot rouge qui poursuivit sa tirade :
- Quel dommage que tu aies refusé mon offre, petit.
Il s’accroupit à nouveau, attrapant les piquants de ma tête pour me forcer à le regarder droit dans les yeux.
- Comme je ne suis pas d’humeur massacrante, je ne tuerais pas ton autre copine verte. Je vais juste l’embarquer. Quant à toi… (Il se releva en laissant ma tête retomber au sol.) Je vais te laisser te vider de ton sang ici. Passe une bonne soirée.
Je continuais mes gémissements alors qu’ils repartaient. Inlassablement. Mes larmes ne s’arrêtaient plus. Le visage meurtri et ironiquement apaisé de ma bien-aimée était là. Mort. Elle était morte. Lirane avait été enlevée. J’allais mourir.
Je ne voulais qu’une seule chose. Je voulais qu’on me redonne une seconde chance. Une chance de vengeance. Je ne me laissais toujours pas endormir. Quitte à mourir, je mourrais la rage au ventre.
Les minutes passèrent encore. Je fermais les yeux, recommençant à voir flou. Puis, je commençais à entendre des pas, à nouveau. Des cris, également. S’ils criaient, ce n’était pas une infanterie de soldats. Je distinguais une voix masculine forte parmi toutes les autres. Une voix qui transpirait l’autorité, comme celle de Metal-Mighty. Mais pas le même genre d’autorité. Pas la voix de quelqu’un que l’on craint. La voix de quelqu’un que l’on a envie de suivre.
- Vérifiez chaque corps ! s’écriait la voix pleine d’énergie. Ne prenez pas le risque de laisser quelqu’un mourir, vous m’entendez ?! Sauvez un maximum de personnes !
Des pas s’approchèrent de moi. Une main gantée s’appuya contre mon cou pour vérifier mon pou et j’entendis la même voix que précédemment avec une inquiétude prononcée :
- Bon sang… Tu es vivant ? Et elle… Rah. Zut !
J’entendis le rocher qui me retenait le bras être déplacé mais je ne ressentis rien au niveau de mon bras lui-même. Une paire de mains solide me souleva de terre avec précaution et je fus hissé sur le dos de quelqu’un. Je tentai d’ouvrir les yeux mais je voyais toujours aussi flou. Tout ce que je pouvais distinguer était l’éclat rouge vif d’un pelage et la voix de celui qui m’avait sauvé :
- Tiens bon, je vais t’emmener en lieu sûr.
Il commença à marcher doucement et je tapotais faiblement son torse avec mon doigt pour essayer de communiquer. Mon sauveur sembla comprendre et me demanda :
- Tu dois te demander qui je suis, n’est-ce pas ?
Je recommençais avec toujours aussi peu d’énergie de le tapoter. Il comprit le message et déclara simplement :
- Je suis Knuckles The Echidna. Leader de la résistance.


Titre: Re : Hold On To What If (avertissement pour les plus jeunes)
Posté par: Lirane Underground le Février 01, 2018, 08:41:16
Le mec il fait une description totale quoi x)
Et je précise que dans ma version d’abord Iza il bosse à contre cœur pour le maitre, et mon oc s’appelle pas Lirane mais vous vous en foutez donc c'est pas grave :::):

Bon après moi j'ai déjà lu tout ça mais c'est pas grave je relis ça me permet de rafraichir ma mémoire pour quand y'aura des chaps inédits.

Ah et je suis fière de toi tu relances la section fan fic du fofo :')

Du coup vu que ça fait 5 ans que Knux est leader de la résistance, je me demande si par la suite tu vas expliquer pourquoi Iza ne connait pas Knux, ou alors il le connait mais Knux croit qu'il est encore anonyme après tout ce temps.
Et pour le moment sincèrement c'est pas hyper gore de la mort ki tue.


Titre: Re : Hold On To What If (avertissement pour les plus jeunes)
Posté par: Izaky le Février 01, 2018, 08:59:49
Bon, avec la limite de 20 000 caractères on va se limite à un chapitre par post... Si jamais ils logent tous en 20 000 (rien n'est moins sûr).

Chapitre 2

Hello there, resistance

Je ne comprenais pas. Quel était cet endroit ? Je venais de me réveiller et j’avais l’impression d’être toujours aussi perdu que lorsque j’avais découvert mon bras broyé.
Mon bras broyé ?
Lumina. Lirane. Metal-Mighty. Tout me revenait, la rage avec. Pourtant, je ne pouvais pas encore ouvrir les yeux ni même bouger, je sentais que j’étais encore faible bien que conscient. Quelques instants passèrent avant que je n’entende des pas s’approcher et une voix masculine au timbre sympathique :
- Cream, as-tu trouvé d’autre sang de groupe O ?
- Désolé Tails, pas pour le moment ! répondit une voix féminine particulièrement douce.
- Zut. J’imagine qu’il va devoir se débrouiller avec ce qu’on lui a déjà donné. Il devrait normalement pouvoir en reproduire doucement lui-même s’il se ménage et se nourrit bien.
- Je ne pense pas qu’il soit en état de manger…
- La perfusion fera l’affaire quelques temps. On manque trop de ressources pour faire mieux mais au moins… Il est hors de danger. Il pourra manger en temps voulu.
- D’accord. On le laisse se reposer ? On en profitera pour s’occuper des autres patients.
- Bien sûr. (Leurs voix commençaient à s’éloigner.) J’étais aussi inquiet à propos de Vector, il a pris un mauvais coup apparemment…
Suite à cette conversation, j’ai préféré ne pas résister à la fatigue. Je comprenais que j’étais entre les mains de la résistance, c’était suffisamment rassurant à mes yeux.
Combien de temps avait passé depuis que j’avais écouté ces « Tails » et « Cream » ? Certainement plusieurs jours. Je me réveillais et me rendormait intempestivement, luttant pour survivre avec le peu d’énergie que j’avais et enchainant les cauchemars à n’en plus finir. Pourtant, je sentais que ma condition s’améliorait tout doucement... Ce qui me rassurait en partie. J’avais progressivement réussi à recouvrer la vue et la capacité de me mouvoir, bien qu’avec précaution. Le jour où j’ai été capable de correctement voir et de m’assoir a également été le jour où j’ai compris qu’il me manquait bel et bien le bras droit. Je remarquai par ailleurs que je me trouvais dans une petite pièce rectangulaire, seul, assis sur un lit légèrement délabré. Néanmoins, au vu des circonstances, c’était certainement là des conditions assez royales.
Ce jour fut aussi celui où je pus avoir une… « discussion » avec le fameux Tails : un renard jaune à deux queues. J’avais déjà entendu vaguement parler de lui, il semblait faire partie de ceux qui avaient autrefois affronté Eggman. De là d’où je venais, on entendait que peu parler des affrontements avec le scientifique fou ; ceux qui nous impactaient étaient généralement planétaires.
Le renard jaune était entré en trombe lorsqu’il m’avait vu assis. Il portait une blouse blanche partiellement couverte de sang lorsqu’il était dans les locaux de la clinique de la résistance. Son visage semblait infantile mais pourtant mature, comme s’il avait vécu beaucoup d’évènements qui l’avaient forcé à se durcir malgré son jeune âge.
- Hey ! commença-t-il en se dirigeant vers moi avec un sourire. Tu sembles reprendre des forces !
J’esquissais un sourire un peu forcé et répondais… répondais ?
Je ne pouvais pas répondre. J’essayai de parler mais les mots restèrent coincés dans ma gorge. Seule une sorte de vague « A-aah. » sorti, à peine audible. Je mis ma main à ma bouche sous la surprise, écarquillant les yeux d’incompréhension. Tails resta calme, semblant comprendre et en avoir déjà vu d’autres. Il poursuivit calmement :
- Tu ne peux pas parler ? Ou plutôt « plus » vu ta réaction. Pourtant, tes diagnostics n’annonçaient aucun problème de cordes vocales. Hmm…
Il sembla réfléchir quelques instants et en profita pour s’assoir sur le bord de mon lit de fortune. Finalement il me demanda :
-J’imagine que la fille que Knuckles a trouvé à côté de toi… comptait beaucoup pour toi ?
Je n’ai pas tout à fait compris l’intérêt d’une telle question, posée aussi directement. D’abord submergé par l’émotion, je me mordais la lèvre en regardant le sol. J’ignorais quelle expression j’arborais exactement mais d’après la réaction de Tails, elle devait être peu rassurante :
- Wow, du calme ! C’était simplement pour émettre une hypothèse.
J’essayai de reprendre une expression plus normale, mettant de côté mes émotions bouillonnantes pour écouter. J’avais déjà passé des jours à y penser et à apprendre à me contrôler. Le renard, lui, reprit la parole avec un air particulièrement sérieux :
- D’après moi… (Il me pointa du doigt.) Le traumatisme de la perdre a peut-être créé un blocage. Et si c’est bien ça… Je ne peux rien pour toi.
Il se remit debout et commença à faire les cent pas en m’expliquant la situation :
- Je ne suis pas médecin. Je me suis improvisé le rôle, faute de mieux. Knuckles, notre leader, en sait plus que moi mais il est trop occupé pour s’occuper des blessés. En somme… Je suis incapable de savoir comment te rendre ta voix. Et Knuckles n’en saurait certainement pas plus d’ailleurs. Le problème doit venir de toi.
Sa théorie me semblait juste. Je sentais que quelque chose s’était bloqué en moi, sans savoir quoi. Je ne saurais l’expliquer. Il s’agit simplement d’avoir la sensation d’oublier quelque chose qu’on ne souhaitait pas oublier. J’avais oublié comment parler.
J’encaissais calmement la nouvelle. Il faut croire qu’après avoir vu celle que j’aimais mourir, perdu Lirane et un bras… perdre ma voix était presque une suite logique, comme si je n’étais plus à ça près.
- J’adorerais t’apporter plus d’aide mais nous croulons sous le-
- Tails ! s’écria une voix venant du couloir. On a besoin de toi au plus vite !
- … Ouais voilà, on croule sous le boulot. Par contre…
Le renard jaune s’approcha de moi et me fit une petite tape à l’épaule droite à l’aide de son poing avant de poursuivre avec un sourire confiant :
- T’es un dur à cuir. Si jamais tu veux te venger, fais-le moi savoir. (Il se retourna et commença à partir.) Moi aussi j’ai gros sur la conscience, on pourrait s’entendre.
Il quitta la pièce et le silence retomba quelques instants avant que la porte ne s’ouvre à nouveau, ne me laissant pas le temps de reprendre le cours de mes pensées. Une petite lapine beige et orange en blouse blanche entra discrètement et s’approcha de moi pour me parler d’une petite voix :
- Salut ! J-Je m’appelle Cream.
Ne pouvant répondre vocalement, je me contentais de faire un signe de la main en me rappelant l’avoir entendue discuter avec Tails quelques jours plus tôt. Elle poursuivit, cachant soudain son visage gêné derrière ses mains :
- Oh ! J’avais oublié que tu ne pouvais pas parler ! Je suis terriblement désolé !
J’agitais la main en signe de négation pour lui faire comprendre que ça ne me gênait pas. Cette fille avait l’air beaucoup trop polie.
- Ah ! Tu dois te demander pourquoi je suis rentrée ! En fait... j’ai entendu toute votre conversation. Et… Enfin…
Elle prit quelques instants pour trouver ses mots, commençant à tripoter et tortiller un bout de sa blouse.
- N’en veux pas à Tails s’il semble un peu dur ou trop direct avec toi parfois. Il revient de loin et a perdu son meilleur ami. Il a beaucoup changé depuis et je ne le reconnais pas toujours mais… C’est un gentil garçon. (Elle se pencha un peu plus vers ses mains à mesure qu’elle tortillait sa blouse.) Simplement… La vengeance semble le ronger.
Je comprenais un peu mieux la conversation précédente. Je commençais à m’intéresser un peu plus à ce Tails. Cream semblait être bien plus sage que lui et ses inquiétudes me paraissaient justifiées. Malheureusement pour elle, je ne risquais pas de l’aider à rendre à son ami sa personnalité d’autrefois si c’était ce qu’elle attendait de moi.
- J-J’imagine que c’est ce qui arrive quand on perd la personne à laquelle on tient le plus. J’ai encore ma mère donc je ne comprends pas parfaitement mais… Ne laisse pas la haine te ronger aussi, d’accord ?
Elle se retourna et parti en courant avant de me laisser le temps de répondre. J’aurais voulu la rassurer… Ou peut-être pas. Tout ce que j’aurais réussi à faire, c’était de lui mentir. Je n’avais franchement aucune envie de résister à ma colère ni d’aider Tails à oublier la sienne. Sans le vouloir, elle m’avait certainement au contraire motivé à garder un objectif en tête.
Les jours passèrent encore avec quelques visites de routine de Tails et Cream. Je commençais doucement à me calmer et à accepter la réalité sans pour autant l’oublier. J’acceptais simplement ma situation. Ruminer ne me servirait à rien, bien que cette pièce vide ne puisse m’aider à penser à autre chose. L’ennui était bien présent mais je sentis que les choses allaient rapidement s’améliorer le jour où je pus enfin me remettre à manger.
Avec la nourriture, mon état s’améliora rapidement, pouvant à nouveau restaurer progressivement le sang de mon corps. Je ne pouvais évidemment pas trop vite manger de grandes quantités du fait que mon métabolisme n’était plus habitué à absorber autant d’énergie aussi vite. Néanmoins, trois jours suffirent avant de pouvoir enfin me lever et me mouvoir normalement à nouveau. Il m’était difficile de garder un équilibre correct avec un bras en moins mais pour une première marche cela ferait certainement l’affaire. Le véritable problème restait que je souffrais du syndrome du membre fantôme : parfois, j’avais la sensation que mon bras était encore là et me fait souffrir. C’est quelque chose d’assez courant et je ne me permettais pas de me plaindre.
Une fois debout, ma première envie fut de quitter au plus vite la pièce où je me trouvais. Je me contentais d’enfiler une veste bleue rapiécée accrochée à un porte-manteau et quittait les lieux pour me retrouver dans un immense couloir tapissé de doubles portes menant certainement à d’autres chambres. A ma droite le couloir menait à un cul de sac et à ma gauche on pouvait apercevoir une grande pièce que je m’empressais de rejoindre.
Une fois au bout du couloir, je tombais dans une immense salle rectangulaire, bondée. L’endroit était désorganisé et rempli de caisses en bois contenant certainement du matériel. En face de moi se trouvait un écran géant couvrant quasiment la totalité du mur et surplombant une ligne de consoles permettant certainement de commander la base. Au centre de la pièce se trouvaient trois moniteurs, eux-mêmes reliés à un serveur dans le coin droit de la pièce à ma droite.
Un caméléon violet et un crocodile vert discutaient à côté des moniteurs du centre mais je ne pouvais pas les comprendre dans le léger brouhaha ambiant. Le crocodile avait un bras plâtré, je supposais qu’il devait être le Vector qui avait « pris un mauvais coup ». Un peu plus loin, proche de l’écran géant, une hérissonne rose et un échidné rouge semblaient débattre avec force mais j’ignorais quel pouvait être le sujet de leur discorde.
En m’approchant, je notais que l’échidné devait être Knuckles, le leader de la résistance qui m’avait sauvé. Il portait des gantelets blancs mais légèrement modifiés : en plus d’une paire de piques au niveau des phalanges, un acier solide recouvrait le dessus des gantelets ; ceux-ci avaient certainement été conçus pour le combat. Les piquants de sa tête, semblables à des dreads, étaient ornés de bandelettes blanches et vertes et camouflaient légèrement une cicatrice qui ornait sa tempe gauche. Mise à part une paire de chaussures rouge et jaune, le reste de son corps était nu, comme la plupart des animaux masculins.
La hérissonne rose avait des cheveux sales et emmêlés dans lesquels on pouvait distinguer une paire de lunettes de protection à vitre jaune. Sa tenue était composée d’une robe courte rose et blanche surplombant un survêtement de même couleur qui recouvrait ses jambes. Ses chaussures et les protège-poigné de ses gants blancs étaient de couleur jaune et rouge mais abimés par le temps et les combats, comme le reste de sa tenue. Elle avait d’ailleurs une expression sombre et une apparence qui allaient en contradiction avec la multitude de couleurs différentes qu’elle arborait. Je notais que sa robe comportait une longue rapièce partant du bas gauche de son ventre jusqu’au milieu de sa poitrine.
Lorsque je fus à seulement quelques mètres, j’entendis un bout de la conversation entre Knuckles et la fille rose :
- … Mais enfin Amy, je ne peux pas te laisser continuellement partir en mission sans consulter personne ! Un jour, tu feras tuer ton escouade !
- Ah, c’est ce que tu crois ! s’offusqua la jeune fille en fronçant les sourcils. Dans ce cas, je partirais seule la prochaine fois !
- Pourquoi il faut toujours que tu compliques tout… ? s’inquiéta l’échidné en se grattant la tête.
- Ca me parait pourtant simple ! Si je pars seule, je ne mets personne d’autre en danger.
Knuckles prit le bras d’Amy et la fixa d’un regard triste, répondant calmement :
- Tout le monde s’inquiète pour toi Amy. Moi le premier. Arrête de faire de prendre des décisions stupides, tu es plus maligne que ça.
La hérissonne fixa son leader quelques instant d’un regard noir avant de repousser son bras et partir dans ma direction. Elle s’arrêta à ma vue et s’adressa à moi :
- Oh tiens, un hérisson. Si c’est pour me draguer, mon cœur est à la tombe coco.
Je sentais une petite aigreur monter en moi mais je refusais de répondre à une provocation aussi puérile, d’autant que de toute façon j’en étais physiquement incapable. Voyant que je ne disais rien, elle s’apprêta certainement à en rajouter une couche mais Knuckles s’approcha pour la couper dans son élan :
- Arrête ça Amy, il est muet.
- Oh, fit-elle avec froideur. C’est lui. J’imagine que vous avez des choses à vous raconter… Enfin, ça doit être compliqué quand on peut pas parler hein ?
Knuckles serra les dents mais vit que je restais parfaitement calme et comprit certainement qu’il valait mieux ne rien dire. Face à une telle absence de réaction, la fille rose se décida à partir en haussant les épaules, mains dans les poches. L’échidné me fit signe d’approcher avant de m’adresser la parole :
- Ne lui en veux pas trop, elle a… beaucoup subit. Et surtout beaucoup changé. (Il leva légèrement son bras et fixa sa main ouverte, le regard vitreux.) Autrefois elle était encourageante et enjouée, maintenant elle a tout perdu. Famille et amour.
« Un peu comme moi » pensais-je.
Knuckles sembla réaliser qu’il s’était perdu dans ses pensées et me regarda avec un sourire encourageant avant d’enchainer :
- Enfin, c’est pas grave ! Ce qui importe là tout de suite, c’est que tu es sur pieds ! Tails m’a dit que tu avais beaucoup de vitalité, je pense qu’on t’apprécierait beaucoup parmi les troupes. Du coup, c’est un peu direct mais… Es-tu partant ?
Sans hésitation, je hochais la tête avec une expression qui trahissait certainement mon excitation. Rejoindre la résistance. Apprendre à me battre. Fini la chambre, la vie reprenait. Le sourire de Knuckles s’élargit en un sourire denté et il poursuivit :
- Parfait ! Je ne peux pas te le promettre pour tout de suite mais normalement, on devrait pouvoir te fournir un bras robotique. Pour les détails, il faudra voir avec notre experte en la matière. Elle se trouve au bout du couloir de l’autre côté de cette porte, je te conseille d’y aller tout de suite ! Moi j’ai encore beaucoup à faire, je te laisse te débrouiller. Désolé pour l’accueil un peu rapide…
L’échidné me tendit la main gauche que je m’empressais de serrer, le laissant terminer :
- … mais dans tous les cas, je suis bien content d’avoir une nouvelle recrue ! N’hésite pas à demander un coup de main aux autres si besoin.
Il me tapota amicalement l’épaule de sa main libre et parti à travers une porte à gauche de l’écran géant. Du fait qu’il m’avait indiqué la porte opposée, je m’y rendais de ce pas, curieux de rencontrer la fameuse experte. Le couloir était sombre car peu éclairé, certainement dans le but d’avoir plus d’énergie pour les machines qui semblaient se trouver dans les pièces environnantes. Au bout de l’allée se trouvait une porte en acier trempé comportant des hublots. Au travers de ceux-ci, une lueur chaude de couleur rouge émanait.
Lorsque j’eu passé la porte qui me semblait terriblement lourd dans mon état, une chaleur terrible me prit d’assaut. Une seule personne se trouvait dans la pièce mais semblait tout manipuler : de la matière première en passant par les hauts-fourneaux et les laminoirs jusqu’aux établis de fabrication du matériel, on ne voyait qu’une chatte rose. Je remarquais que les extrémités de sa queue et de ses oreilles étaient noires, ce qui lui donnait une apparence qui sortait un peu lot. Elle portait un pantalon et un blouson gris de travail qui s’accordaient à ses chaussures de sécurité de même couleur. Ses cheveux étaient coiffés en queue de cheval et surplombés par une casque mise à l’envers.
Je m’approchai, curieux, et elle sembla remarquer ma présence. Se retournant, elle me dévoila une paire de lunettes de sécurité protégeant des yeux bleu foncé et une expression neutre, calme.
- Oh, dit-elle, je te reconnais. Tu es le miraculé des fin-fonds des Nations Unies. Moi c’est Minoru, ingénieure en prothèse robotique.


Titre: Re : Re : Hold On To What If (avertissement pour les plus jeunes)
Posté par: Lirane Underground le Février 03, 2018, 10:35:09
parfois, j’avais la sensation que mon bras était encore là et me fait souffrir -> alors t’emploie deux fois le passé puis une fois le présent à la fin et je trouve ça étrange à la lecture perso (ça reste personnelle mais voila)
Arrête de faire de prendre des décisions stupides, tu es plus maligne que ça -> un mot en trop :p
La hérissonne fixa son leader quelques instant -> il y a plusieurs instants non?
Lorsque j’eu passé la porte qui me semblait terriblement lourd -> c'est la porte qui est lourde du coup?
et surplombés par une casque
une paire de lunettes de sécurité protégeant des yeux bleu foncé

Autre chose: la lecture serait un peu plus confortable si tu sautais des lignes parfois :::): (j'aime faire chier)

Citation
Mise à part une paire de chaussures rouge et jaune, le reste de son corps était nu, comme la plupart des animaux masculins.

Et moi je veux toujours savoir si ton oc porte un pantalon ou non :;D:

Vala, j'aime bien voir Amy avoir du mal à traverser cette période mais c'est triste de voir qu'elle s'en prend un peu à tout le monde (surtout quand on voit que Iza a rien fait à part regarder ce qui se passe)
Et plus important encore: je veux voir la future Winry Rockbell ! Fullmetal Iza va être dans la place.


Titre: Re : Hold On To What If (avertissement pour les plus jeunes)
Posté par: Izaky le Février 10, 2018, 10:24:02
Merci pour les fautes, je corrigerai :)

J'ai pas trop de pitié pour les personnages, ils vivent un enfer depuis 5 ans et ont constamment la mort qui toque à la porte, c'est pour ça qu'on a une Amy comme ça. Y'en a qui ont souffert et qui vont encore souffrir. Ooooh oui.
Du coup j'en ai 11 en stock en tout donc j'enchaine le postage ! J'ai eu du mal à mettre en scène celui-ci, c'était compliqué de retranscrire ce que j'avais en tête. En général j'ai une ou deux idée(s) générale(s) sur le contenu du chapitre et j'enchaine les pages, désolé si parfois il y a un effet "rushé" pour certains passages.

Chapitre 3

Well well, who’s that?

Minoru s’approcha soudain d’Izaky d’un air curieux. Le hérisson fut surpris et recula d’un pas mais la chatte rose lui prit le côté droit sans lui demander son avis. Il sembla tenter de l’interpeler mais seul une étrange expiration sortit de sa bouche, lui rappelant à nouveau qu’il ne pouvait plus parler.
Utilisant sa main libre, Minoru approcha doucement sa main du moignon d’Izaky avant de lui jeter un regard interrogateur. Le hérisson acquiesça en rentrant les lèvres, comprenant la démarche. La chatte passa calmement sa main sur les bandages, semblant prendre son temps. Ses doigts caressaient chaque petit carré de chair à mesure que ses oreilles noires se pliaient et dépliaient lentement, comme si elles réagissaient au rythme de ses pensées. Le hérisson grimaçait mais ne se plaignait pas.
- Je vois ! s’écria soudain Minoru en s’éloignant. C’est pas très joli, on t’a sectionné le bras un peu à l’arrache.
Voyant que l’animal roux levait un sourcil d’inquiétude, elle poursuivit rapidement :
- Enfin… Je pense que si ça n’avait pas été fait, tu serais mort ! Au moins c’est fait quoi… Ha ! Ha ! Ha.
Izaky sentit comme un malaise s’installer chez son interlocutrice et se contenta de hausser les épaules avec un sourire gêné. La chatte sourit et se tourna à nouveau vers son atelier, pensive. Finalement elle claqua des doigts et fila au fond de la pièce pour fouiller une immense benne à ferraille. Le hérisson patienta quelques instants, se contentant d’écouter le fatras qu’elle provoquait. Finalement, l’ingénieure revint à nouveau à son atelier, trébuchant au passage et faisant tomber un bras mécanique qu’elle avait ramené. Le bras se sépara en plusieurs pièces au contact du sol et Izaky s’approcha pour filer un coup de main à Minoru. Celle-ci soupira, ennuyée. Elle se dépêcha de ramasser les morceaux du bras mécanique avec Izaky et ils déposèrent tout dans les bras de la chatte rose.
- Ah, merci ! dit-elle une fois le ramassage terminé avant de se figer.
Gardant la bouche légèrement ouverte, elle fixait Izaky sans rien dire. Le hérisson tenta de claquer des doigts devant le visage de Minoru qui réagit au quart de tour :
- Non mais je suis là, ça va !
Elle pencha la tête avec un sourire amusé et demanda finalement :
- Du coup… T’es bien là pour une prothèse ?
Un court silence s’installa avant qu’elle ne poursuive :
- Non parce que sinon ça veut dire que j’ai tripoté ton moignon et récupéré un bras mécanique pour rien, enfin ça serait un peu con quoi…
Izaky la fixa quelques instants avant de rire, sincèrement amusé. Surpris, il constata qu’une voix était sorti de sa bouche. Il avait réussi à produire un son simple mais c’était clairement reconnaissable comme un rire. La chatte fit un sourire et déclara :
- Bon, je prends ça pour un oui ! Au boulot !
Elle se dirigea vers l’atelier et commença à rattacher les pièces du bras tout en demandant :
- C’est pas trop ennuyeux de pas pouvoir parler ?
Quelques instants passèrent avant que Minoru ne se retourne, gênée.
- Ah oui… dit-elle en se grattant la joue. Tu peux pas me répondre justement. Heh.
Elle leva les yeux au plafond quelques instants, pensive, avant de poursuivre :
- Si tu veux, je peux me contenter de prendre une mesure ou deux pour aujourd’hui et bosser tranquilou. Tu pourras aller visiter le reste de la base et discuter avec des gens du co… Ah oui non. Tu pourras rencontrer des gens quoi.
Izaky acquiesça d’un signe de tête tout en souriant pour communiquer qu’il était intéressé par l’idée. Minoru sembla rassurée à l’idée de travailler seule et prit rapidement les mesures du bras gauche du hérisson roux. Il la salua et repartit calmement en direction de la sortie pour se retrouver à nouveau dans le couloir où il rencontra un hérisson argenté. Ce dernier fronçait les sourcils et semblait réfléchir intensément en fixant une porte latérale du couloir. Izaky lui toucha l’épaule, curieux.
- Ah, c’est inutile ! dit le hérisson en jetant les bras au ciel avant de se tourner vers Izaky. Oh ? Tiens, un nouveau.
Le hérisson roux put mieux observer son interlocuteur. Ce qui frappa l’observateur au premier abord fut la coiffure de ses piques ceux-ci étaient comme naturellement coiffés en une demi-étoile. Il n’arborait pour tous vêtements qu’une paire de gants aux motifs luminescents associée à des bottes aux tons de bleu changeants. On pouvait remarquer une impressionnante touffe de poils blancs sur son torse qui s’étendait jusqu’à son dos orné de deux énormes piquants, comme si ces éléments étaient en continuité.
Izaky leva la main en signe de salutation et le hérisson argenté sembla comprendre :
- Ah c’est toi ! Knuckles m’a parlé de ce qui t’est arrivé. Vu que tu viens de la fonderie, je suppose que Minoru te prépare un nouveau bras ?
Le hérisson roux acquiesça d’un signe de tête et son interlocuteur continua, son visage traduisant qu’il venait de réaliser quelque chose :
- Oh mais je ne me suis même pas présenté ! Je suis Silver The Hedgehog. Tu as peut-être entendu parler de moi ?
Voyant qu’Izaky ne répondait pas, Silver eut un sourire en coin et pointa de l’index la porte qu’il fixait un peu plus tôt. Pliant son doigt qui s’illuminait d’une aura semblable à aux motifs de ses gants, il sembla fermer la porte à distance. Dépliant à nouveau le doigt alors qu’Izaky était encore surpris, il rouvrit la porte sans forcer. Ne cachant pas sa fierté, il s’expliqua :
- J’ai des pouvoirs psychiques ! Je me suis d’ailleurs pas mal entrainé ces derniers temps, avant il m’aurait fallu regarder la porte et utiliser toute ma main pour la contrôler.
Le hérisson argenté observa sa main avec un sourire montrant une forte mélancolie. Il semblait particulièrement triste en pensant à ce qu’il venait de dire.
- Cette fois-ci je devrais pouvoir aider tout le monde. Je ne laisserais plus mon entourage mourir.
Regardant à nouveau Izaky, il sursauta, comme réalisant son monologue :
- Oh, je dois t’ennuyer ! J’ai tendance à parler tout seul par moment, une mauvaise habitude. Et si je te montrais ce qu’il y a derrière cette porte au lieu de raconter ma vie ?
Le hérisson roux dressa son pouce en signe d’approbation et passa par l’entrebâillement de la porte, suivi de Silver qui lui emboitait le pas.

Minoru travaillait d’arrache-pied sur la nouvelle prothèse qu’elle avait à produire. Izaky lui avait donné l’impression d’en avoir vraiment besoin : tous les gimmicks qui lui permettaient de communiquer transpiraient de son impuissance face à la situation. Aux yeux de la chatte rose, son nouvel allié lui semblait cacher son mal-être derrière des sourires lors de leur rencontre, une petite demi-heure plus tôt. Elle voulait l’aider.
Prenant une plaque de métal qu’elle avait récupéré sur la carcasse d’un E-2000, Minoru s’appliqua à la souder sur la prothèse... de ses propres mains. Le simple contact de deux pièces les chauffait suffisamment pour les souder. Elle remplaçait méthodiquement chaque élément de la carcasse extérieure par un bout de bouclier de E-2000, ceux-ci étant parmi les plus solides de l’Egg Army. Lunettes de protection sur le nez, la chatte s’appliquait calmement à lier les plaques à la structure centrale qui faisait office d’os d’acier. Cette minutie visait à éviter de faire s’entrechoquer les plaques lorsque le coude aurait naturellement à se plier.
Finissant une soudure cruciale au bon fonctionnement de ce fameux pli, un cri perçant atteint ses oreilles malgré le brouhaha de la fonderie. A la fois surprise, curieuse et inquiète, Minoru se dirigea vers la sortie, emportant sans s’en rendre compte le bras qu’elle avait empoigné avec force. Prenant à droite en sortant, elle se retrouva sans le savoir au premier abord dans la salle où Izaky et Silver avaient pénétré une vingtaine de minutes plus tôt.
Etant nouvelle dans la résistance et trop passionnée par ses machines, Minoru découvrait entièrement cette pièce. L’endroit était à la fois sublime et invraisemblable. Une véritable prairie recouvrait le centre de la pièce, tranchant complètement avec les murs d’acier froids qui constituaient la base. Quelques arbres avaient commencé à pousser ça et là dans l’herbe, formant plus ou moins un cercle entourant l’élément central de la salle : une gigantesque émeraude de taille humaine flottant au-dessus d’un socle en acier. Un énorme câble partait du socle et se dirigeait vers la sortie de la pièce, servant certainement à alimenter en partie les équipements de la résistance.
Plusieurs personnes se trouvaient dans la pièce : deux mobiens inconnus à Minoru, certainement des techniciens, mais également Silver et… Izaky. Ce dernier se trouvait à genoux dans l’herbe, le poing tremblant et appuyé contre l’immense joyau. Celui-ci renvoyait une image holographique d’une chatte aux poils argentés, l’image flottant au-dessus de son créateur. Minoru pensa à s’approcher mais entendit des pas en trombes arriver derrière elle et se retourna, reconnaissant Knuckles qui arrivait en courant.
- Qu’est-ce qui se passe avec l’émeraude mère ?! demanda-t-il. J’ai senti l’énergie depuis l’autre bout de la base !
Voyant Izaky, il reprit un rythme de marche normal et ajouta simple :
- Le nouveau… ?
Izaky serra les dents et frappa l’émeraude mère de rage. Celle-ci s’illumina et l’image de la chatte argentée se transforma lentement. Le visage de la jeune fille se creusa doucement jusqu’à laisser apparaitre une cavité au niveau de l’œil droit, l’œil gauche pleurant une larme de sang. Le hérisson roux écarquilla les yeux, ses pupilles se dilatèrent avant de se rétracter et il poussa un cri de rage de frappant à nouveau l’émeraude puis le sol à maintes reprises, gondolant la plaque de métal placée sous la verdure.
L’hologramme se transforma alors à nouveau, présentant la forme de Metal-Mighty, sombre, menaçant et ricanant. Izaky tenta à nouveau de frapper dans sa rage mais un éclair d’énergie verte partit de l’émeraude mère pour le frapper de plein fouet et l’envoyer à l’autre bout de la pièce.
Knuckles s’approcha de Silver, lui saisissant l’épaule pour demander :
- C’est toi qui l’a amené ici, Silver ?
- Ah, Knuckles ! s’étonna l’intéressé. Oui mais je ne m’attendais pas à ça… Est-ce que l’émeraude mère joue avec lui ?
- J’ai l’impression qu’elle le teste… Elle a déjà fait ça avant mais jamais avec une telle cruauté.
- Doit-on intervenir ? Il risque de la briser à force de taper dessus, non ?
- Quoi, briser l’émeraude mère à coups de poing ? Tu veux plaisanter !
Knuckles posa son poing gauche sur la hanche et poursuivit sur un ton calme :
- Contentons-nous d’observer. Je pense que quelque chose d’important va arriver. L’émeraude mère ne fait jamais rien au hasard.
Izaky se relevait au loin tant bien que mal, Minoru auprès de lui, inquiète. Il sortait tout juste de convalescence après tout, ce n’était pas prudent. Malheureusement, sa rage semblait surpasser sa raison, de loin.
Le hérisson roux se mit à courir comme un dératé en direction de l’émeraude sans se préoccuper de l’ingénieur et reçut une nouvelle décharge électrique. De nouveau à terre, il frappa de nouveau le sol en hurlant, comme maudissant son impuissance plus que jamais. Il était clair qu’il était psychologiquement à bout avec les évènements des derniers jours ; l’émeraude mère allait l’achever.
Se relevant une nouvelle fois, Izaky se mit à marcher en direction de son némésis, main en avant. Il ne regardait plus le joyau mais uniquement Metal-Mighty, comme déterminé à l’abattre. L’émeraude attaqua à nouveau et l’énergie frappa le bras du hérisson qui ne flancha pas. Il imita la forme d’un ballon avec sa main malgré la douleur, restant silencieux, les dents serrées et le regard décidé. L’énergie vint se placer dans sa main sous forme d’une sphère verte avant de passer progressivement à un magnifique bleu saphir, le flux commençant à onduler docilement autour de son bras.
Le hérisson observa son bras quelques instants, surpris. Il voyait la multitude d’éclairs qui se promenaient le long de sa fourrure, tournant son bras dans tous les sens possibles avec fascination. Finalement, observant à nouveau l’émeraude, il sembla se souvenir de son objectif et le fixa à nouveau avec calme alors que le flux d’énergie de son bras s’accélérait. Comme pris d’un élan de créativité, le hérisson visa avec son doigt la tête de Metal-Mighty sur l’hologramme et imita le bang d’un pistolet.
Prenant Izaky et toute l’assistance par surprise, l’énergie de son bras se concentra au bout de son doigt et une véritable détonation retentit dans toute la base alors qu’un éclair était propulsé depuis le bras du hérisson. L’hologramme fut pulvérisé et la foudre frappa le mur du fond, laissant un impact de plusieurs mètres de diamètre se dessiner dans l’acier. Izaky mit soudainement un genou à terre, semblant à la fois épuisé et pris d’hyperventilation. Incapable de tenir sa position, il chuta et s’allongea sur le côté, se retrouvant le regard face à la porte. Il réalisa alors qu’une bonne partie de la base était arrivé entretemps et avait assisté à cette scène improbable. Knuckles et Silver courraient vers lui, tout comme certainement Minoru d’après les pas qu’il entendait derrière lui.


Titre: Re : Re : Hold On To What If (avertissement pour les plus jeunes)
Posté par: Lirane Underground le Février 11, 2018, 03:54:28
d’une aura semblable à aux motifs de ses gants
il sursauta, comme réalisant son monologue
il reprit un rythme de marche normal et ajouta simple
 Il réalisa alors qu’une bonne partie de la base était arrivé -> c'est une partie de la base qui est arrivée donc un e :)

Il reste encore un chap avant de découvrir la suite. Du coup comme la dernière fois j'aime pas la seconde partie du chap, mais le "it's no use" est génial et Mino qui tripote Zaza aussi c:
 


Titre: Re : Hold On To What If (avertissement pour les plus jeunes)
Posté par: Izaky le Février 14, 2018, 09:04:25
Tu vas continuer à pas aimer c:

Chapitre 4

Chaos Power


Knuckles était à genoux derrière moi et me tenait appuyé contre son bras, pensif. Debout en face de moi, Silver me regardait avec un sourire enjoué que je ne comprenais pas tout à fait. Derrière lui se trouvait encore une ribambelle de curieux qui avaient certainement assisté à mon épreuve avec l’émeraude mère. Ils étaient bien une bonne centaine à chuchoter… Je n’avais pas réalisé que le bâtiment était aussi grand.
- Qu’est-ce que vous faites encore là ?! réprimanda Knuckles. C’est fini ! Retournez à vos postes, vous avez du boulot !
Les résistants se regardèrent les uns les autres avant de commencer à repartir en courant, presque en panique. Ils semblaient ne pas vouloir contrarier leur chef… qui d’ailleurs n’avait franchement pas l’air commode durant certaines situations. J’avais beau avoir discuté calmement avec lui quelques dizaines de minutes plus tôt, je ne pouvais m’empêcher de sentir une aura d’autorité se dégager de lui. A mesure que la salle se vidait, Silver s’approchait et Minoru commençait à partir. Je réalisais en la voyant à quel point j’avais pu ignorer son aide un peu plus tôt.
- Hey Minoru ! l’interpella l’échidné. Reste donc là, on peut avoir à faire avec toi aussi.
La chatte se figea un instant avant de se retourner, nous dévoilant le bras mécanique qu’elle tenait. La pièce était à moitié terminée : la structure qui faisait office d’os métallique était à moitié recouverte de plaques rouges. Pour avancer aussi rapidement, elle avait certainement dû travailler d’arrache-pied.
Sentant que mes forces me revenaient légèrement, j’essayai de m’assoir moi-même en indiquant à Knuckles qu’il n’avait plus à me tenir. M’appuyant sur mon unique bras gauche, je réussis tant bien que mal à me positionner en tailleur. La sensation d’avoir pris un coup de poing dans le ventre me revenait à mesure que je me déplaçais, me rappelant le désagréable souvenir d’avoir été électrocuté par un caillou vert.
- Comment tu te sens ? me demanda Silver en s’accroupissant. C’est pas commun d’affronter l’émeraude mère.
Je me contentai de lever une épaule pour signifier que ça allait à peu près. Je sentais simplement que j’étais particulièrement fatigué et affamé.
- A la base je t’avais amené ici pour voir si l’émeraude mère voulait t’offrir un don, expliqua le hérisson psychique. C’est déjà arrivé autrefois, notamment avec elle – Il désigna du pouce Minoru – mais j’avais jamais vu ça. C’est courant comme épreuve, Knuckles ?
- Certainement pas ! s’offusqua le gardien. L’émeraude mère n’attaque pas les gens normalement… Enfin, de ce que j’en sais. C’est un joyau millénaire, je ne peux pas deviner toute son histoire.
- Wow, wow, attendez ! s’écria Minoru. Quitte à être là, laissez-moi juste vous demander pourquoi elle donne soudain des dons à la volée, comme ça ?
- Déjà, commença l’échidné en soupirant, elle ne les donne pas à la volée. Depuis le début de la guerre, elle n’en a donné que 3 à toute la résistance. Ensuite… J’ai l’impression qu’elle s’est vexée.
- … Vexée ? C’est pas juste une jolie pierre avec des pouvoirs ?
Knuckles se releva en essuyant la poussière sur ses jambes, poursuivant calmement :
- De ce qu’on a pu en comprendre avec Tails, l’émeraude mère est à la fois une interface avec l’énergie chaotique et un énorme moyen de la stocker. On a simplement aucune idée de comment elle a été conçue ni même de comment elle fonctionne vraiment. Je suis juste capable de réaliser lorsque certaines variations ont lieu en elle et…
Le gardien s’approcha de sa protégée afin de poser sa paume dessus, comme le ferait son digne protecteur. L’observant d’un regard doux et chaleureux, il poursuivit :
- Depuis l’apparition du rubis fantôme de Robotnik, je ressens à quel point elle s’agite, comme si une émotion s’était éveillée. Comme je le disais, j’ai juste l’impression qu’elle s’est vexée de découvrir qu’elle n’était pas la seule source d’énergie infinie si l’on omet les émeraudes sur lesquelles elle a le contrôle.
- Mais quel rapport avec un don de pouvoirs ? s’enquit Minoru, sa question faisant écho à mes pensées.
- Je suppose qu’elle veut étendre son éventail de combattants du chaos en offrant des capacités. Quelques rares personnes comme moi ou Silver peuvent naturellement utiliser des pouvoirs chaotiques. Sonic le pouvait aussi d’ailleurs, c’était même le plus flagrant ! A mesure qu’il se transformait à répétition en Super Sonic, il a commencé à pouvoir utiliser ses capacités de super forme, même si c’était beaucoup moins puissant. Et ça… sans émeraudes du chaos.
- Comment faisait-il ? demanda Silver, la main au menton, pensif. Tu ne m’as jamais expliqué. Ni même pour mes propres pouvoirs.
- D’après les analyses de Tails, Sonic emmagasinait le pouvoir chaotique environnant lors de ses turbos, c’est de là que venait son aura d’ailleurs. C’est aussi ce que font tous les utilisateurs et utilisatrices du chaos.
Silver fit apparaitre au creux de sa paume un hologramme bleu ciel à l’aide de ses pouvoirs, celui-ci représentant Sonic en pleine course avec une impressionnante aura d’énergie bleue autour de lui.
- Donc ce que je fais et ce qu’il faisait, c’est avec l’énergie environnante ? demanda à nouveau le hérisson argenté. J’ai du mal à saisir comment ça fonctionne.
- D’autant que nos pouvoirs sont tous vachement distincts mais qu’ils ont l’air de nous correspondre, renchérit Minoru sceptique.
Après un petit instant de réflexion, je me dis qu’elle avait raison. Ma capacité de foudre semblait faire écho à ma rage intérieure, une capacité qui laissait déferler mes émotions en somme. Néanmoins, je me demandai également si je n’avais pas l’air d’un gamin pleurnichard auprès des autres résistants avec de tels traits de caractère.
Knuckles se concentra un instant et frappa dans le vide, faisant soudainement s’enflammer son poing. Laissant la flamme calmement onduler autour de celui-ci sans le blesser, montrant le parfait contrôle qu’il exerçait sur elle, l’échidné répondit assez solennellement :
- Le Chaos est issu de l'imagination. Sans imagination, il n'y a aucune variation, le monde reste tel qu'il est, statique et stable. L'imagination est ce qui crée le chaos, ce qui crée vie. C’est l’opposée même de l’ordre et de la paix, sans le chaos né de notre imagination, il n’y aurait certainement même pas d’existence. Ceux qui ont les plus fortes volontés, les plus fortes imaginations... Le chaos les laisse puiser en lui toute l’énergie nécessaire à la modélisation de leur trait personnel, de ce qui les rendra si unique, ce qui crée cette variation si caractéristique de la vie.
Knuckles fit alors disparaitre sa flamme et se tourna vers ses interlocuteurs, laissant Minoru demander :
- Vous avez pris l’exemple de Sonic un peu plus tôt… J’entends souvent parler de lui mais je ne l’ai jamais rencontré. Qui était-il ?
Le gardien afficha un sourire un peu triste avant de répondre, la tête penchée en arrière :
- Sonic était quelqu’un qui aspirait plus que quiconque à la liberté. Il a naturellement développé une vitesse hors du commun pour lui permettre de courir où bon lui semble, lui laissant toujours une liberté de choix. Un grand représentant du chaos.
L’échidné commença à se diriger finalement lentement vers la sortie, terminant ainsi sa tirade :
- Il n’est plus là mais ça ne nous empêchera pas de gagner. Souvenez-vous de lui comme d’un modèle à suivre si vous le voulez mais ne vous focalisez pas trop sur le passé. Notre avenir se décidera sans lui.
S’arrêtant dans l’entrebâillement de la porte, Knuckles fit une dernière remarque, dos tourné :
- Izaky, c’est ça ? Je compte sur toi. Quant à toi Silver, entraine-le.
- Bien compris, commandant ! répondit le hérisson psychique en prenant une pose de salutation exagérée.
Knuckles se tourna légèrement de profil, dévoilant une dent pointue dans un sourire.
- A la prochaine.
Silver se tourna vers moi avec un grand sourire, visiblement plein d’espoir. Me tendant la main, il m’adressa avec confiance :
- Prêt à commencer, la recrue ?
Je pris quelques instants avant de donner ma réponse, observant cette main tendue. Dans quoi est-ce que je m’engageais ? Je le savais depuis le début : une vengeance mais était-ce tout ?
Je regardai alors Minoru quelques instants qui souriait avec confiance, mon futur bras toujours entre ses mains. En la voyant, je me souvenais qu’en-dehors de ma vengeance basique et puérile, ce monde avait besoin d’espoir. A en croire les dires de Knuckles, je pouvais peut-être apporter quelque chose. Un peu de ma lumière ?
En avais-je seulement ?
J’observais l’émeraude mère qui restait parfaitement calme au centre de la salle, comme endormie. Seule une lueur chaude ondulait avec douceur en son sein, comme la représentation d’une paix perdue qu’elle saurait nous aider à restaurer. Bien que ce fut certainement une surinterprétation, je me servais de celle-ci pour me tourner à nouveau vers le hérisson argenté, décidé. Prenant sa main, il me releva sans difficulté et me demanda :
- Je suppose que ça ne t’ennuie pas d’attendre demain pour un entrainement avec toi ? Je préfère attendre une petite journée que tes nouveaux pouvoirs se stabilisent. Si tu absorbes de l’énergie en ce moment-même, ce n’est peut-être pas judicieux d’attaquer tout de suite. Par contre…
Se retournant il commença à se diriger vers la porte, me faisant signe de la main de le suivre. Je lui emboitais le pas, Minoru marchant à mes côtés.
- Par contre on a quelqu’un qui doit être disponible pour un peu de corps à corps si tu veux commencer quelque chose aujourd’hui, poursuivit Silver. On a qu’à lui demander.
Minoru me fit un petit coup de coude et me demanda alors que je tournais les yeux vers elle :
- Du coup tu t’appelles Izaky ? Comment Knuckles le savait ? Tu as communiqué par écrit ?
La question me frappa. Comment savait-il ? Je n’en avais aucune idée. Je n’avais eu l’occasion de communiquer mon nom à personne. J’étais d’ailleurs étonné que personne ne me l’ait demandé. Haussant les épaules pour toute réponse, je vis Minoru froncer les sourcils, peu satisfaite de ma réponse :
- Comment ça, aucune idée ?
- Peut-être que l’émeraude mère lui a dit ? souleva Silver en levant son index vers le plafond. Il m’a déjà dit avoir discuté avec elle mais sans utiliser de mots, je n’ai pas tout compris.
- Discuté avec elle ? C’est possible ?
- Elle t’a bien offert le pouvoir de réguler la température et prouvé qu’elle avait une sorte de conscience. Je pense qu’elle renferme bien des secrets mais c’est plutôt dans les cordes de Tails et Knuckles les recherches sur le chaos, je n’en sais pas grand-chose moi-même.
Je donnais un coup de coude à Minoru à mon tour, essayant de traduire la curiosité de mon esprit avec mon visage. Elle me regarda sans trop comprendre, affichant elle-même une expression de curiosité. Réfléchissant, j’eu une idée simple mais certainement dangereuse. Levant ma main, je tentais de recréer un flux électrique mais rien ne venait. Comment faire ? Tout ce qui me venait à l’esprit était de visualiser un éclair… Et le voici qui se matérialisait autour de ma main, ondulant doucement.
- Woah, qu’est-ce que tu fais ?! s’étonna la chatte rose en faisant un petit bond en arrière.
Surpris, j’essayais de la rassurer en mimant un geste de négation. Silver s’était arrêté et me regardait sans comprendre, décontenancé. Essayant de pointer Minoru du doigt, avec des gestes sans queue ni tête, j’obtins une simple réaction de sa part :
- Tu veux savoir si je fais des éclairs ? Pourquoi ?
Mimant à nouveau des gestes de négation, je m’approchais, prêt à saisir le bras mécanique qu’elle avait commencé à préparer pour moi afin de lui montrer quelque chose. Elle eut un nouveau mouvement de recul, s’écriant :
- Héé ! Fais attention, le métal ça conduit l’électricité ! Tu vas me blesser !
Réalisant qu’elle avait raison, je secouais en bras en essayant de me débarrasser de l’éclair. Etonnamment, l’idée sembla fonctionner et l’aura se dissipa. Soulagé, je soupirai un instant avant de m’approcher à nouveau de Minoru pour tapoter du doigt une des soudures du bras mécanique avant de la pointer à un nouveau du doigt. Elle sembla réfléchir un instant avant d’ouvrir grand la bouche, semblant soudainement comprendre.
- Aah, tu veux en savoir plus sur ma capacité, c’est ça ? demanda-t-elle ?
Me voyant acquiescer de la tête, elle tint le bras robotique à la verticale et appuya un doigt de son autre main sur la paume métallique, la faisant soudainement rougeoyer.
- Je peux instantanément moduler la chaleur de tout ce qui n’est pas organique, expliqua-t-elle. C’est très pratique pour les soudures du coup. J’ai eu ma capacité grâce à l’émeraude mère moi aussi mais elle n’a pas essayé de me carboniser en le faisant !
Faisant un mouvement en cercle avec ma main, je lui indiquais de poursuivre sa tirade. Elle comprit et termina :
- Oh, je me suis simplement approchée et elle a brillé. J’ai senti qu’une question m’était posée sans vraiment qu’on ne me parle et quand j’ai répondu euh… Par instinct je dirais, j’ai senti que j’avais gagné un truc sans trop savoir quoi sur le coup.
- Et tu as du mal à me croire quand je te dis que Knuckles arrive à dialoguer avec elle… ? chuchota Silver suffisamment bas pour qu’elle ne comprenne pas.
- Tu as dit quelque chose, Silver ? demanda la chatte rose.
- Ah, non ! Je me disais juste qu’on devrait y aller.
- Oh, oui ! J’ai du travail à faire ! A plus vous deux !
Partant en trombes, Minoru passa par la porte et se dirigea vers la gauche du couloir, en direction de la fonderie. Silver me dit simplement :
- On y va ? J’ai quelqu’un à te présenter !
Levant le pouce en signe d’acquiescement, je commençai à nouveau à suivre le hérisson psychique, cette fois-ci au travers du couloir reliant la fonderie, l’autel de l’émeraude mère et la pièce central du QG de la résistance. Plus nous nous approchions de la pièce principale du QG, plus le brouhaha qui émanait de celle-ci grandissait. En arrivant, je sentis de nombreux regards se poser sur moi. Des chuchotements commencèrent alors doucement à remplacer les discussions à haute voix et je pus percevoir de nombreuses conversations à mon propos à mesure que Silver et moi fendions la foule :
- C’est lui ! chuchota une première voix. C’est le type qui a frappé l’émeraude !
- Ce manchot ? demanda une seconde voix.
- Fais pas trop le malin, il a tiré un éclair tout à l’heure !
- Quoi ?! C’était pas un essai de canon ?
En avançant, je percevais une autre discussion :
- Dire qu’un roux a eu un don de l’émeraude… dit une voix grave. Quel gâchis.
- T’es vraiment en train de le juger sur sa couleur de pelage ? s’indigna une autre voix.
- Y’a quand même plus classe qu’un roux comme élu.
- T’es pitoyable.
Plus amusé qu’autre chose des conversations un peu ridicules qui tournaient autour de moi, je me contentais de rester stoïque et de suivre Silver jusqu’à l’autre bout de la salle, passant par la double-porte qui faisait face à la multitude d’écrans de monitoring qui tapissaient le mur. Une fois l’entrebâillement passé, je me retrouvais avec le hérisson argenté dans un couloir large où les murs comportaient plusieurs doubles portes. A ma gauche trois d’entre elles se dressaient, de temps en temps ouvertes par des membres de la résistance voyageant avec de nombreuses feuilles de papier entre les mains. Ceux-ci se dirigeaient vers la première des portes se trouvant à ma droite sur laquelle je pouvais distinguer un panneau « Bureau du chef de la résistance ». Ce même panneau surplombait un autre panneau bien plus long stipulant « Ne pas déranger sans raison, vous ne souhaitez pas savoir ce qui vous arrivera si vous vous y risquez. ». Un peu plus loin dans le même mur se trouvait une plus grande porte, celle-ci certainement en acier trempé. Un panneau « Quartier d’entrainement » s’y trouvait placardé.
Voyant certainement mon expression impressionnée, Silver me dit avec un sourire :
- Alors, tu n’avais pas vu ce coin-là ? C’est le couloir principal. Je suppose que tu as déjà vu le reste du coup je t’indiquerai juste que les dortoirs sont au fond à gauche. Maintenant, salle d’entrainement ! Tu me suis ?
Avançant au travers du couloir, je voyais quelques mobiens stopper leurs conversations afin de parler de moi, à nouveau. N’y prêtant pas attention, je me contentais de suivre Silver au sein du quartier d’entrainement et découvrait à nouveau un couloir au travers duquel nous avançâmes sans nous arrêter. Toutes les portes latérales étaient grandes ouvertes, révélant de nombreux résistants qui s’entrainaient dans des salles équipées en sacs de frappe et autres appareils. Au bout du couloir se trouvait une grande porte fermée que Silver s’empressa de m’ouvrir.
A peine eu-je le temps d’entrer et d’observer de nombreux combats dans la salle qu’un projectile gros comme une télé me fonçait droit dessus. Me baissant par réflexe, j’évitai l’assaut et plongeai dans la salle pour comprendre ce qui se passait. Malheureusement pour moi, un second projectile arriva pour me frapper de plein fouet et je me retrouvai projeté au sol, allongé sur le dos à quelques mètres de mon point d’arrivé. Relevant difficilement la tête, je dû me concentrer pour permettre à ma vision floue de distinguer ce que j’avais sur les genoux… Un marteau ?
Un marteau jaune et rose m’avait été jeté à la figure. Avant que je ne puisse comprendre, l’arme disparu dans un nuage de fumé rose et des pas s’approchèrent de moi lentement. M’appuyant sur l’arrière de mes coudes, je pus finalement distinguer Amy qui s’arrêtait face à moi, le manche de son marteau sur l’épaule, me fixant d’un regard froid. D’une voix hautaine, elle me salua finalement :
- Bienvenue dans la résistance, joli cœur.