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Children Prophecy : Le temple de la prophétie
Children Prophecy : Le temple de la prophétie
« le: Juin 07, 2009, 03:34:44 »
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Et voilà !! Je me mets à faire une fic Hors-sonic... Bon. Le titre est indiqué. J'espère qu'elle vous plaira et n'oubliez surtout pas que j'accepte les critiques de tous genres ^^

Pour commencer, voici la couverture :
http://img6.hostingpics.net/pics/193385Letempledelaprophetie.jpg

Et ensuite voici la chapitre ^^

Chapitre premier

Le noir.
La salle était immense, comme infinie, mais sa seule couleur était le noir.
Hormis, peut-être, la statue de pierre grise. Elle ressemblait à une jeune femme ordinaire, malgré ses cheveux d'une longueur extravagante, ses oreilles longues et pointues sur lesquels il y avait des boucles d'oreilles de perles et de plumes, et ses ailes.
Mais était-ce vraiment une statue ?
La pierre commençait à s'effriter, laissant place à une véritable peau humaine.
Puis, la créature ouvrit les yeux. Des yeux jaunes d'or, dont la pupille était fine et pointu.
Elle déploya ses ailes et leva la tête.
-Le moment est venu.

Pays de Dalos :
Elan ouvrit les yeux.
C'était aujourd'hui.
La jeune fille se leva, attachant deux mèches avec des élastiques orange et les posant sur ses épaules.
Elan était la seule fille, la seule magicienne aussi puissante aussi, à avoir les cheveux gris. Ses yeux étaient orange. Elle aimait, d'ailleurs, associer ces couleurs à celles de ses habits. Mais elle s'était toujours demandé quelle était la signification de ces couleurs. Elle savait que l'ignorance s'arrêterait bientôt. Très bientôt.
Son point gauche se referma sur son sceptre. La jeune fille secoua ses cheveux, puis après s'être habillée, elle sortit.
La douce lueur des rayons du soleil matinal caressa son visage. Ce matin, comme presque tous les autres, c'était le marché. On y vendait toutes sortes de chose : bijoux, fruits, autres nourritures, et plein d'autre chose encore.
Son habitation n'était pas loin du marché. Elle marcha donc pour s'y rendre.
La rue était décorée de dalles de pierre et de maisons de toutes couleurs.

-Bonjour, Elan ! fit un marchand lorsqu'il la vit.
-Bonjour, répondit-elle.
-Ca va bien aujourd'hui ? Quel est ton planning de la journée ?
-Il faut que je me prépare.
-Que tu te prépares pour...

Il ne continua pas sa phrase. Les yeux orange d'Elan brillaient d'une telle intensité... Il savait que dans ces cas-là, il valait mieux ne pas la déranger.
C'était un marchand de fruit, et plus principalement de melon. Ce fruit était délicieux et d'une grosse taille. Elan se dirigeait souvent vers ce stand pour ça, et la marchand était le seul à ne pas lui avoir fait de remarque sur ses cheveux ni ses yeux.

-Au voleur ! Au voleur !

Elan tourna la tête. Un marchand moustachu et plutôt rond criait. Devant, une ombre, furtive, courait tellement vite qu'on aurait pu dire qu'elle volait.
La jeune fille regarda autour d'elle.
La garde royale n'était pas là. Comme elle en faisait partie, c'était à elle d'y aller.

-J'y vais ! cria-t-elle.
-Je t'accompagne ! s'exclama le marchand.
-Non, vous restez ici.
-Je...
-Restez ici !

Il ne bougea pas. Lorsque la jeune fille était ainsi, il valait mieux ne pas la contredire.
Elan courait. Le poursuivit était rapide, mais grâce à ses pouvoirs la jeune fille pouvait le rattraper.

"Qui est-ce ?" se demanda-t-elle.

C'était la question qu'elle se posait toujours depuis le commencement de la poursuite. Pourtant... À chaque pas, à chaque fois qu'elle se rapprochait de cette mystérieuse personne... Son coeur faisait un bon dans sa poitrine. Toujours.
Etait-ce le moment ?
Elle se déplaça pour éviter une collision qui aurait pu la ralentir.
Les maisons laissèrent place à une longue série de murs en brique.
"On s'approche du château du roi."
Soudain, la personne s'arrêta.
Un cul-de-sac.
Elan s'arrêta à son tour. Elle n'était presque pas fatiguée.
La course allait laisser place à la magie.
De cette personne se dégageait quelque chose, comme une aura.
Elan ne pouvait savoir qui c'était. La personne portait une capuche qui lui cachait le visage, mais sa silhouette semblait féminine.
La jeune magicienne leva son sceptre. Elle ne ferait pas de mal à la personne. Hormis pour les assassins, le seigneur l'avait interdit. Il fallait juste qu'elle l'endorme.
Facile pour elle. Elle connaissait toutes les techniques de magie et les mages avait dit que ses pouvoirs étaient d'une puissance incroyable.
Des halos de lumière orangée l'entourèrent, venant du joyau enfermé dans son sceptre.
Un rayon de lumière se dirigea avec précision sur la personne...
Mais celle-ci dévia l'attaque.

"Quoi ?"

La mystérieuse personne leva la main. Un doigt griffu dessina des lettres dans les airs. Lettre qui bientôt prirent forme.
Puis qui entourèrent Elan, prise par surprise par la vitesse de l'attaque.

"Un sort... Pour changer de monde ? Mince... C'est le seul que je ne connais pas. En plus, il n'y a pas de magie pour contrecarrer ce sort."

Une liane blanche, semblant venir du sol, enveloppait déjà ses jambes.
Elle ne bougea pas. Ce n'était pas la peine.
Peu de temps après, elle disparu.
Le sol redevint normal tandis que la mystérieuse personne se retournait.

-Plus que deux.

S'invoquant le même sort qu'à Elan, elle disparu à son tour.

Pays d'Ines Sola :

-Plus vite, Laon ! Plus vite ! s'écria Monsieur Griff.

Le jeune homme sauta.
D'une rapidité extraordinaire, il se retrouva derrière son professeur. La lame noire de son katana se posa sur la nuque de Monsieur Giff sans qu'il ne puisse rien faire.

-Bien. C'est fini. Tu t'améliores de jour en jour, Laon. Va t'assoir, maintenant.

Le jeune homme obéit. Il s'assit dans un coin d'ombre, à l'endroit où il n'y avait jamais personne.

-Tu as vu comme il se bat ?
-Ouais ! J'aimerai pas être contre lui, moi.

Laon eut un sourire narquois. Les gens adoraient parler de lui dans leur dos. Il fallait dire qu'un garçon aux cheveux noirs et aux yeux rouges, qui maniait les armes avec une force sans limite, ce n'était pas toujours rassurant.
De toutes façons, ça l'arrangeait. Il détestait se faire des amis, car il savait qu'au fond, il n'était pas francs. Et puis, ça sert à quoi, les amis ?
Il rangea son katana dans son fourreau.
Le cours allait bientôt se finir. Tant mieux. On l'avait obligé à s'inscrire à ce cours, mais lui ne voulait pas. Au final, ça n'avait rien changé : il était toujours aussi fort.

-Bon, c'est fini. Allez vous changez.

Ce fut le premier à se lever.
Il alla dans les vestiaires.
Mais quelque chose avait changé.

"C'est trop calme... Beaucoup trop calme."

D'habitude, il y avait toujours du bruit. Cette fois, c'était le silence.
Il serra sa main sur la poignée de son katana.
Et puis, il sentait une présence...
Il se retourna.
Une personne était là. Il ne pouvait savoir qui c'était, mais cela l'importait peu.
Le seul fait qu'elle ait pu rentrer ici comme ça était étrange.

-Comment t'es arrivé ici, toi ? s'exclama Laon.

La personne, portant un long manteau et une capuche qui cachait son visage, ne répondit pas.
Laon dégaina à moitié son katana. La lame noire refléta la lumière de la salle.

-Tes amis sont pétrifiés temporairement. Aucun d'entre eux ne pourront te venir en aide, déclara la personne.
-Mes amis ? Tu rigoles ! Aucun d'entre eux ne sont mes amis. Ils ne sont même pas proche. Et puis, de l'aide, je n'en aurais pas besoin.
-Soit.

La voix avait beau être surhumaine, on pouvait deviner facilement qu'elle appartenait à une femme. Pourtant, Laon ne la sous-estima pas. Chaque être humain à sa force, au fond de lui. C'était et ce serait toujours comme ça.
Un sourire se forma sur les lèvres de Laon. Il adorait les bastons.
La main de la femme se leva et son doigt se pointa en direction du jeune homme. Elle inscrit quelque chose (cela ressemblait à des lettres) puis son bras se tendit rapidement vers Laon.
Les lettres se regroupèrent pour former quelque chose ressemblant à un oiseau, qui fonça en direction du jeune homme.
L'animal n'eut pas le temps d'attaquer. Une lame trancha la bête de lumière, qui disparu.

-Tu maîtrise la magie ? Tu ne dois pas être d'ici, alors.

Il bondit. Si rapidement que personne de normal n'aurait pu le voir agir.
De normal seulement.
La mystérieuse personne fit un pas sur le côté.
Laon posa les pieds à terre mais avant que la lame ne percute l'adversaire, son bras était déjà tenu par la main de la personne.
Fermement, en plus.
D'autres lettres se formèrent. Elle lâcha Laon lorsque l'écriture entoura celui-ci.

-Quoi ?

Il avait beau attaquer, il ne pouvait pas se libérer. Ni même lorsque les lianes blanches s'attachèrent à son katana, puis entourèrent ses jambes.
L'action ne dura que quelques secondes avant que Laon disparaisse pour de bon... du moins, d'ici.
La personne claqua des doigts. Le bruit reviendra dans quelques instants.
Elle invoqua le même sort qu'au jeune homme, puis ferma les yeux.
Avant de disparaître, elle murmura quelques mots :

-Plus qu'un.

Pays du Chêne Noir :

"Il est minuit... Il faut que j'y aille."
 
  Seyle, posé sur le rebord de la fenêtre, se retourna. Il soupira.
La chambre était un désastre. Si le lit s'effondrait, le mur le suivrait. Celui-ci était même troué par des rats qui avaient cru que c'était leur habitation.
Seyle sauta.
Comme un chat, il retomba avec souplesse sur le sol. La lumière de la lune éclaira son visage.
Il avait les cheveux blancs comme la neige et les yeux jaune d'or.
Il portait dans sa main un bâton blanc et jaune. Expert en arts martiaux, Seyle gardait toujours ce bâton près de lui. C'était ce qui l'aidait le plus pour combattre.
Le jeune homme courait. Il voulait s'éloigner le plus possible de cette maison, mais au fond de lui des mots d'excuses résonnaient comme un écho.
Il observa la forêt avec une grimace de douleur, puis la contourna. Sele passa dans la ruelle des Maisons Blanches.
Le nom de ce pays était "Le Chêne Noir" car il était réputé pour son immense chêne qui, la nuit, semblait plus noir que l'ombre.
Lorsqu'il était petit, Seyle était allé à cet arbre. Il lui avait semblé protecteur.
C'était d'ailleurs dans la direction du Chêne Noir qu'il allait.
Le jeune homme s'arrêta de courir lorsqu'il atteint l'arbre. Il ferma les yeux et posa la paume de sa main contre l'écorce.

-Tu tiens à cet arbre, on dirait.

Seyle ouvrit les yeux et, par réflexe, se tourna.

-Qui... Qui êtes-vous ?

Dans la nuit, le jeune homme ne pouvait voir le visage de l'ombre. De toutes façons, même avec un clair de lune, il n'aurait pas pu le voir.
L'ombre ne répondit pas mais s'approcha.

-Je savais que je te trouverai ici, déclara-t-elle. Cet arbre... Même s'il ne peut pas bouger, il t'a protégé.

Elle caressa du bout des doigts le tronc.

-Comment... Comment vous le savez ?
-Je sais beaucoup de chose, mais je ne sais pas forcément les expliquer comment.

Elle semblait baisser la tête en prononçant ces paroles, mais la capuche qui lui recouvrait le visage empêchait Seyle de le savoir vraiment.

-Maintenant, il faut que tu partes, murmura la personne à l'intention de Seyle. Loin d'ici. Il faut les rejoindre.
-Les ?
-Oui.

Elle tourna le visage vers le jeune homme.

-Je sais que tu veux partir, remarqua-t-elle. Je ne t'y forcerais donc pas. De toutes façons, vous vouliez tous partir de l'endroit où vous étiez.

Le jeune garçon regarda le Chêne Noir.

-C'est vrai, je veux partir. Je ne suis pas sûr de pouvoir résister plus longtemps. Je venais juste le remercier...
-Bien. Alors allons-y.

Dessinant des lettres invisibles dans les airs, la personne laissa le silence s'emparer à nouveau de la nuit.
Les lettres se formèrent, et, enveloppés par des lianes blanches, les deux seuls êtres encore réveillés disparurent.
Un seul mot restait suspendu dans les airs.

"Merci."  
  



Chapitre second

Le couloir où il se trouvait était immense. L'image de Laon se reflétait sur le long miroir. Mais à quoi bon servait-il ?
Il s'approcha de ce miroir et l'effleura du bout des doigts.

"Il m'a l'air bien fragile... Et si je le cassais ?"

Son katana ayant disparu, il ne lui restait plus que la main ou le pied.
Laon préféra la main.
Le jeune homme serra son poing droit, le recula... Puis frappa.
Le miroir craquela, créant des fissures, puis se brisa.
Laon se protégea avec ses bras, mais à son grand étonnement les morceaux ne le touchaient pas, mais le transperçait.

"Quoi ?"

Etait-ce cela qui l'avait étonné ? Ou bien la jeune femme qui l'observait ? Lui-même n'en savait rien, mais il ne désirait pas le savoir. Il observa cette fille. Elle avait de long cheveux gris et des yeux orange, perçant.
Mais ce n'était pas ça qui l'étonnait le plus. C'était l'énergie qui se dégageait d'elle, et aussi cette impression familière...
La jeune fille partageait la même impression. Pourtant, tous deux s'observaient comme si de rien n'était.
Puis elle se retourna.
Un autre miroir, celui à côté d'elle, se brisa, révélant une silhouette accroupie d'un jeune homme.
Par ses mains, il cachait son visage, mais on pouvait voir nettement des cheveux blancs.
La jeune fille s'approcha de lui. Il leva la tête, révélant des yeux aussi jaunes que de l'or. Lui aussi dégageait une puissante énergie et une impression familière.
Les trois avaient la même impression.

-Qui... qui êtes-vous ? demanda la jeune homme aux cheveux blancs en se relevant.
-Laon, répondit l'autre garçon.
-Je m'appelle Elan, dit doucement celle-ci sans faire attention à l'écho de sa voix. Et toi, tu es... ?
-Mon nom est Seyle.

Il observa autour de lui.
Le couloir semblait encore plus long qu'avec le miroir.

-Où sommes-nous ? interrogea-t-il.
-Je ne sais pas... déclara Elan, tandis que Laon regardait tout autour. Mais nous ne sommes pas dans un monde. Du moins, je ne pense pas.
-Pas dans un monde ? s'exclama le garçon aux yeux rouges.

Elan acquiesça.
Seyle observait droit devant. Il pointa le doigt dans cette direction tout en remarquant :

-Euh... Je rêve où il y a une lumière là-bas ? On ferait bien d'y aller, non ?

Laon ne bougea pas, mais Elan hocha la tête. Tous avancèrent d'un pas décidé.
Ils furent étonnés d'arriver si vite à cet endroit, mais encore plus étonnés par ce qu'il s'y trouvait. Il y avait des petites bestioles à la tête et au corps tout rond. Elles étaient trois.
L'une d'entre elles, une bête noire, possédait des ailes noires et rouges et une longue queue, ainsi que des cornes. Derrière elle, il y avait une silhouette de dragon, assez petite pour que la bête la cache.
L'autre, de couleur grise, avait des ailes aux plumes de la même couleur que son pelage mais finies par des cornes orange. Sa queue ressemblait à celle d'un lion, et la silhouette derrière lui ressemblait à tout point à un griffon. Aussi, sur sa tête, il avait des oreilles de lion et une plume.
Le dernier était blanc comme la neige, et ses ailes étaient de la même couleur. Il possédait une queue de paon mais le dessin qu'il cachait à moitié ressemblait à un simurbh, un aigle avec des crêtes et une queue comme celle de la bête. Des crêtes que celle-ci possédaient.

-C'est quoi ces minus ? lança brusquement Laon, cassant le silence.
-Ne les sous-estimes pas, déclara une voix derrière leur dos. Lorsqu'ils sont en colère, ils peuvent être très dangereux.

Quelque chose apparut devant eux. Ce fut d'abord une masse blanche, puis une femme, ressemblant à une elfe avec ses longues oreilles ornés de boucles d'oreilles plumes, sa grande robe violette, son collier d'or incrusté d'un rubis et ses ailes beiges. Mais sur les bras, on pouvait voir des tatouages.

-Je m'appelle Inaë.
-C'est toi... commença Laon.
-Qui vous ait transporté ici, oui.

Elle observa les trois adolescents de ses yeux jaunes à la pupille pointu. Ses longs cheveux gris bougeaient en même temps.

-Ces créatures sont des Iïshido, des mignonnes petites créatures mais qui peuvent avoir une forme énorme en cas de besoin. Ce seront vos protecteurs.
-Mais pourquoi ? s'enquit Elan.
-Pour pouvoir le détruire. Dans le monde où vous vous réveillerez - car vous rêvez, là - un homme s'est emparé de notre village en assassinant l'ancien seigneur. Maintes fois des personnes ont essayé de l'arrêter...

Elle baissa les yeux.

-Mais ils n'en sont jamais revenus.

Puis, pleine d'espoir, elle observa les adolescents.

-Mais vous, vous le pouvez ! Vous portez les signes ! Moi, je ne suis qu'une prisonnière. Peut-être aurais-je réussi, mais cet homme m'a fait porté des tatouages par sa magie. Je ne peux l'attaquer.
-Un instant, fit Laon. Les signes ?
-Exact, répondit Inaë.

Elle claqua des doigts. Une lumière blanche enroba les trois élus, puis elle disparu.

-Voici de nouveaux habits et de nouvelles armes.
-Waouh... Merci ! déclara Seyle.

  
« Dernière édition: Octobre 28, 2009, 02:35:54 par Kayra »
Journalisée

Avatar by Mad-chan ! Merci !
 
 
Re : Chrildren Prophecy : Le temple de la prophétie
« Répondre #1 le: Juillet 01, 2009, 05:00:25 »
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Celui-ci portait des habits blancs et jaunes, comme ses yeux et ses cheveux. Sur son tee-shirt, il y avait un soleil jaune où, à l'intérieur, on pouvait voir une goutte tordu, un peu comme dans le yin et le yang, mais blanche avec à l'intérieur un cercle jaune. Son bâton était revenu, mais celui-ci était plus grand. Sa couleur n'avait pas changée : il était blanc entouré de jaune et en son centre il y avait le même signe que sur son haut.
Laon, lui, portait une combinaison noire avec quelque partie de métal rouge. Son épée, longue et large, était noire. Sur son haut et le manche de l'épée, on retrouvait un croissant de lune rouge et sur ses bords une forme, pareil que pour Seyle, ressemblant au yin et au yang, mais celle-ci était noire avec un petit cercle rouge.
La robe d'Elan lui allait parfaitement bien. Elle était grise et parfois orange, et sur sa poitrine comme sur le long sceptre gris il y avait une étoile orange, avec à l'intérieur la même espèce de goutte tordue mais grise et orange.
Inaë les observa, contente du résultat.

-Ca vous va vraiment bien !

Puis elle reprit un peu de sérieux, et claqua un nouvelle fois des doigts.

-Bon, il est temps de vous réveillez.

Le sol commença à disparaître. Où alors était-ce les trois adolescents qui disparaissaient ?

-Au fait... Vos armes peuvent disparaître et apparaître à volonté, lança l'elfe avant que les adolescents quittent le rêve.

                      Il se leva. Ses longs cheveux roux retombèrent sur ses épaules mais il n'y fit rien. Il s'approcha seulement d'un pas hésitant de la salle de bain.
Sa maison paraissait hanté, mais on aurait dit qu'il ne remarquait rien. Il avançait, s'arrêtant aux-dessus de son évier.
Il fit couler l'eau et passa sa main dessous, puis mouilla son visage. Cela faisait une année, depuis qu'ils l'avaient attaqués, qu'il avait ce quotidien là. C'était long, ennuyant, mais il y avait un avantage : il était le seigneur.
Quelque chose - ou bien quelqu'un ? - s'approcha de lui. Il se retourna tandis que des esprits lui attachaient les cheveux.

-Maître...

C'était encore un esprit. Les autres lui bandaient déjà les yeux.

-Oui ?
-Le... Le grand chef tient à vous parlez...

Il haussa un sourcil tandis que les autres esprits partirent, ayant finit leur tâche.

-C'est... Il veut vous voir tout de suite.
-Bien. J'y vais.

Il avança. Les esprits de tout à l'heure l'avait déjà habillé de rouge et de marron.
Arrivé à la salle du grand chef, il ouvrit la porte.

-Te voilà enfin, fit le grand chef.

Celui-ci se retourna. C'était un esprit, lui aussi, mais il n'était pas au service du Maître. Du moins, pas tout à fait.

-Tu voulais me voir ?
-Exact. C'est un cas urgent.
-Alors pourquoi tarder ?
-Parce que.

Il disparut et réapparu au côté du Maître, qui ne bougea pas.
Sa main translucide se posa sur l'épaule de l'humain.

-Depuis que tu m'as libéré, je ne t'ai presque jamais revu. Juste pour des réunions inutiles de personnes qui voulaient se sauver ou te tuer. Mais cette fois-ci, le cas est urgent, et je crois qu'Inaë t'a un peu désobéit.
-Pourtant, elle sait très bien ce qu'il se passera si c'est le cas.
-Ca l'est. Ils sont arrivés. Ils portent les signes. Leurs noms sont Seyle, Elan et Laon. Quel choix original, me diras-tu, car Seyle, Elan et Laon...
-Je sais. Dans l'ancienne langue, ça voulait dire Soleil, Etoile et Lune... Dans l'ordre.
-Bingo !
-Mais... Tu dis qu'ils portent les signes ? Et quel rapport avec Inaë ?
-C'est elle qui les a menés ici.
-Quoi ?! gronda le Maître.

Il serra les poings.

-Elle a prit les risques pour sauver le peuple. Du moins... S'ils réussissent. Mais les Iïshidos sont avec eux.
-Elle a osé faire ça...
-Je t'avais dit que ces tatouages ne parviendraient qu'à ce qu'elle ne puisse pas t'attaquer. Surtout pour elle. Les elfes sont des têtes de mules. Tu aurais dû la tuer.
-Je ne veux pas la tuer. Elle est la dernière elfe en ce monde.
-pas la dernière. Il reste encore son fiancé, pour qui elle se bat jour et nuit. Et puis, ce n'est pas une raison pour ne pas la tuer. Toi non plus, tu n'as pas retenu la leçon.

La main de l'esprit serra plus fort le Maître. Celui-ci cria. Une énergie néfaste traversait le bras du grand chef et attaquait l'homme. Il tomba à genou, serrant les dents par la douleur.

-Si tu ne la tues pas, c'est toi qui mourra.
-Je...
-Ah !

L'esprit posa de nouveau sa main sur l'épaule du Maître.

-B... Bien.

L'humain se releva puis sortit.

-Et n'oublies pas : ces gamins sont dangereux.
-Je m'occuperai d'eux.
"Mais je ne tuerai pas Inaë. Je la garderai prisonnière. Et ce n'est pas que parce qu'elle est la dernière elfe en ce monde."

            -C'est magnifique, ici ! s'exclama Seyle en souriant.
-Pour un crétin comme toi, peut-être, lança Laon.
-Allez, Laon, tu pourrais au moins profiter du soleil ! remarqua Elan.
-Tssk. J'aime pas la lumière.

Ils étaient tous trois assis sur le sable d'une plage déserte. L'eau azur brillait sous les rayons du soleil. Il devait être aux alentours de midi.

-C'est bizarre, il n'y a personne, déclara Seyle.
-Ils ont peut-être tous eut peu de ta bêtise, rétorqua l'autre garçon.
-Laon... soupira Elan. Arrête.

Puis, changeant de sujet, elle regarda ses habits :

-En tout cas, ces nouveaux vêtements sont superbes. Les vôtres aussi.
-Merci ! remercia le jeune homme aux cheveux blancs, un grand sourire se dessinant sur son visage.
-Que faites-vous ici ? cria une voix derrière eux.

Les trois adolescents se retournèrent.
C'était une femme aux cheveux bruns, bouclés et mi-long. Ses yeux étaient marrons foncés et elle courait vers eux.

-C'est interdit d'aller ici ! À cet heure en plus !
-Ah bon ? Nous sommes vraiment désolés ! s'excusa Seyle en se levant.
-"Nous" ? murmura Laon.
-Laon ! chuchota Elan.

Pourtant, la femme n’eut pas réaction. Elle observait le torse des trois adolescents.

-Vous… Vous portez les signes ?

Elle recula en bafouant quelques excuses, puis un large sourire illumina son beau visage.

-Grand-père ! Ce sont eux !

Elle se retourna et alla chercher un vieil homme. Il était grand, fin, et ses cheveux grisés par la vieillesse brillait d’une lueur métallique sous les rayons du soleil.

-Ils portent les signes !
-Quoi ?

Le vieil homme s’approcha des adolescents.

-Mais… c’est merveilleux !

Il serra les adolescents tour à tour dans ses bras, puis pris sa petite-fille.

-Nous vous attendions depuis si longtemps !
-Euh… Ben merci… fit Seyle, gêné.
-Vous avez besoin d’une habitation ? Ou de quelque chose dans le genre ? demanda la jeune femme, toute excitée.
-Nous voudrions bien, oui, répondit Elan avant que Laon ne puisse dire quoi que ce soit. Du moins… Si vous le pouvez.
-Bien sûr qu’on le peut ! Surtout pour vous ! N’est-ce pas, grand-père ?
-Oui.

Laon soupira en détournant la tête. Depuis qu’ils l’avaient rencontré, il ne faisait que froncer les sourcils. Et apparemment, ce serait difficile de sourire pour lui.
À côté de lui, Seyle semblait être un enfant tout excité qui allait aller pour la première fois à un spectacle.

-Mais… On est où, en fait ? fit remarquer le jeune garçon aux yeux jaunes.
-Vous ne savez pas ? s’étonna la jeune fille. Nous sommes à Seya, la ville bleue ! On l’appelle comme ça grâce à sa plage. Vous êtes des voyageurs ?
-Heu… Pas vraiment, non. On est arrivé ici… comme ça.
-Mais nous savons pour quel but, par contre, informa Laon.
-Tant mieux ! On n’aura pas à vous l’expliquer ! Et puis, la prophétie du Temple le disait aussi…
-Le Temple ? s’étonna Elan.
-Vous ne connaissez pas le Temple ? On dit que pour trouver leur protecteur, les porteurs des signes devront aller au Temple… Tout le monde sait où c’est. On voit bien que vous n’êtes pas d’ici.
-Le mieux serait d’y aller le plus tôt possible, déclara le grand-père. Sinon, le seigneur peut vous tuez.
-Mais pour l’instant, vous venez chez nous ! On fera les présentations là-bas.

Les trois adolescents hochèrent la tête.

    La maison se trouvait plutôt loin de la plage, mais c’était un endroit accueillant. Sirotant du thé à la menthe, la jeune femme se présenta :

-Je m’appelle Laïa. Dans l’ancienne langue, ça veut dire Perle. Lui, dit-elle en se tournant vers le vieil homme, c’est mon grand-père. Au fait, j’ai vingt et un ans.

Elle observa les adolescents. Ce fut Seyle qui se présenta le premier.

-Je m’appelle Seyle.
-Laon.
-Moi, c’est Elan.
-Vous avez de bien jolis noms, remarqua le vieil homme. Soleil, Lune et Etoile. C’est du moins ce que vos noms veulent dire. Et quel âge avez-vous ?
-J’ai dix-huit ans ! firent-ils en chœur.

Ils se regardèrent, tandis que Laïa rigolait.

-Bon… soupira Laon. Où il est, ce Temple ?
-Il se trouve plutôt loin… après la forêt, répondit le grand-père.
-La forêt ?! s’exclama Seyle.

Elan le regarda, mais les autres n’y firent pas attention… sauf le garçon aux cheveux noirs, qui jeta un bref coup d’œil de son côté.

-Oui, mais celle-ci est d’ailleurs bien lointaine. C’est presque la dernière étape avant le Temple, reprit le grand-père. Ainsi, vous trouverez vos protecteurs. Mais le Seigneur y a fait monter une barrière de ronce, alors faites bien attention. De plus, on dit que ça grouille des fichus serviteur du Seigneur.
-Le problème, c'est que quand on y va, il n'y a jamais personne, remarqua Laïa. C'est peut être que des rumeurs, mais certain affirme avoir vu des personnes, et même tendu des voix. Plutôt étrange, me diriez-vous.

Elle but une gorgée de son thé, écarquilla les yeux puis posa sa tasse sur la petite table.

-C'est chaud ! déclara-t-elle.

Seyle sourit, sans remarquer le regard que Laon posait sur lui.

-Mouais, chuchota-t-il à lui-même.

      Le soleil se couchait déjà losqu'ils finirent le dîner.

-Vous partirez demain, à l'aube. Le plus tôt sera le mieux, avait dit le grand-père.

Pour l'instant, Seyle était juste en train de vêtir le pyjama qu'ils lui avaient donné.
La forêt... Un mot qui, pour lui, avait un sens que personne ne pouvait imaginer. Il le reniait plus que tout, mais c'était ce mot qui le poursuivait.
Il observa sa chambre. Elle était bien mieux que l'autre, en vraiment meilleur état.
Mais il ne dormirait pas tout de suite.
Il alla dans le couloir. Laïa et son grand-père leur avaient fait la visite guidée de la maison. Il s'était fait de nombreux repères et il espérait que ça en serait de même pour les autres.
D'ailleurs, ce n'était pas eux, dans la salle à manger ?

-Coucou ! s'exclama Seyle.
-Salut, répondit Elan.

Laon ne dit rien. Il observait ses pieds, qu'il avait d'ailleurs posé sur la table.
Le jeune homme aux cheveux blancs s'assit sur un fauteuil de velour rouge.
Il observait le vide devant lui. Mais parmis ce vide, des images enfouient au fond de ses pensées ressurgissaient.
Un jeune garçon... et puis cet homme...
Un cri ressurgit dans ses pensées. Un cri déchirant, douloureux.
Un cri dont la voix lui rappelait quelque chose...

-Inaë ! s'exclamèrent les trois élus en choeur. 


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Troisième chapitre

Le cri avait disparu, comme absorbé par la noirceur de la nuit. Pourtant, Laïa courait jusqu’à la salle où se trouvait les trois adolescents.
Inaë…
Ce nom évoquait tellement de souvenirs. Des rires, des sourires revenaient à l’esprit de la jeune femme. Et puis, il y avait lui aussi. Elle s’efforçait de ne pas se souvenir de son visage, pourtant il revenait toujours la hanter.
Laïa s’arrêta. Elle observa les porteurs des signes. Ils étaient tous debout et l’observaient. Un voile de peur passa sur leur visage.

-Je… Je vous ai entendu crier, déclara Laïa en reprenant son souffle. Vous avez bien dit « Inaë » ?

Les adolescents se regardèrent.

-Oui, répondit enfin Elan. Vous la connaissez ?

Les yeux de la jeune fille brillaient.

-Je… Je vais vous expliquez.

La jeune femme s’assit. Le regard de Laon ne lui échappa pas.

-Inaë… Je l’ai connu quand j’étais enfant. Elle m’avait souvent aidé. On disait que voir un elfe était rare car il n’y a plus beaucoup d’elfe en ce monde. Au fil du temps, nous avons appris à nous connaître. Nous sommes devenues amies. Mais un jour, lorsque le tyran a pris la place de l’ancien seigneur… Nos chemins se sont coupés. Je n’ai plus eu un seul contact avec elle depuis.

Elle ferma les yeux en repensant au nouveau seigneur.

-Ce cri… C’était donc bien sa voix ? demanda Seyle.
-Oui.

Elle rouvrit les paupières.

-Vous partirez dès l’aube. Je vous accompagnerais. Je ne veux pas perdre mon amie.
"Je l'ai déjà perdu, lui. Il ne faut pas que ce soit elle aussi qui disparaisse, d'une manière ou d'une autre.", songea Laïa.
-Bien, fit Elan. Pour l'instant, vous devriez tous vous reposez.

La jeune fille observait la femme. Celle-ci acquiesça. Se causer du soucis ne servirait à rien, même si au plus profond d'elle même elle espérait la revoir.
Laïa se leva puis retourna dans sa chambre.

-Vous me réveillerez à l'aube, s'il vous plaît. Je demanderai à notre voisin de veiller sur grand-père, dit-elle sans se retourner.
-D'accord, répondit Seyle. Comptez sur nous.

Elle partit, sentant de le regard rouge de Laon sur elle. Il avait deviné qu'elle cachait quelque chose.
Les trois adolescent se regardèrent tandis que Laïa disparaissait de leur vue.
Elan cassa le silence :

-Je vais dormir, moi aussi. J'ai besoin d'un peu de repos.

La jeune fille partit alors que Seyle lui souhaitait bonne nuit en agitant le bras. L'autre garçon l'observait. Ses yeux brillaient sous la lueur de la seule bougie qui éclairait la pièce, allumée il y a peu de temps. Le garçon aux yeux jaunes se retourna.

-Qu'est-ce qu'il y a ? demanda-t-il.
-Rien. Rien du tout, fit Laon en se retournant. J'vais aller me coucher, moi aussi.
-Ah... Bonne nuit !
-Mouais.

Le jeune homme aux cheveux noirs partit.
Seyle était seul, maintenant. Seul dans l'obscurité. Il n'aimait pas être seul. Ca lui rappelait trop ce moment. Il se revoyait encore courir, perdu...

"Non. Il ne faut pas y repenser, songea-t-il. Je ne peux pas oublier, je peux au moins penser à autre chose."

Il s'étira. Lui aussi il ferait mieux de dormir. Seyle souffla sur la bougie. La flamme disparut, plongeant la pièce dans l'obscurité.
Le jeune homme partit dans sa chambre.

           Elle souffrait... Mais elle ne devait pas mourir. De toutes façons, le seigneur de la laisserait pas périr.
Inaë était enfermé. Des chaines électriques retenaient ses bras. C'était sa punition, mais l'elfe ne regrettait pas son geste. Peut-être que les élus l'aideraient à sauver son amant, après tout.
S'ils avaient suivis le destin, normalement ils étaient chez Laïa. Elle savait que faire. En espérant que repenser à lui ne lui bloquerait pas le chemin du Temple.
Inaë entendit des bruits de pas. Peut-être était-ce encore lui. L'elfe leva la tête. Oui, c'était bien le seigneur.
Il s'arrêta devant la cage de l'elfe.

-Inaë... souffla-t-il.

L'homme ne rentrait pas+ Il ne posa même pas ses doigts sur les barreaux. Ses longs cheveux roux étaient attachés, comme toujours. Il baissait la tête de sorte à ce qu'on ne puisse pas voir ses yeux.

"De toute façon, on ne pourrait pas y voir.", pensa Inaë.
-Pourquoi m'as-tu désobéit ? Tu savais très bien ce qui t'arriverait, s'enquit le seigneur.
-Car je ne veux pas que la misère continue. Et puis, il faut que mon amant résiste, qu'il soit sauvé, répondit-elle en serrant les poings.

L'elfe le regarda en fronçant les sourcils.

-Le Grand Chef veut te faire croire que tu es la Clé de la destruction, remarqua Inaë. Tu ne la comprends pas ?
-Tais-toi ! s'énerva le seigneur. Keïgi... C'est mon nom. Dans l'ancienne langue, cela voulait dire clé.

Il serra les poings.

-Mais je ne sais pas la clé de quoi je suis. Tu joues sur mon ignorance, Inaë. Si elle n'existait pas, je t'aurais suprimé.
-Autrefois, tu étais bon ! Qu'est-ce qui t'as poussé à faire tout ça ?
-C'était avant, tu l'as dit.

Il ne dit rien de plus. Il tourna les talons, abandonnant Inaë dans sa cellule.

   Laon se réveilla. Il n'avait pas besoin des rayons du soleil pour se lever. Il comptait plus sur son instinct pour cela.
Le jeune homme se leva, enfilant ses vêtements par la suite. Plusieurs jours de marche, avait-on dit. Bah, c'était rien ça. Surtout pour lui.
Laon sortit. Le couloir était long, mais il devait d'abord réveillé les autres. Ils pourraient se lever d'eux-mêmes. Il se dirigea d'abord vers la chambre de Seyle. C'est lui qu'il aurait voulu voir en dernier, mais c'était la salle la plus proche.
En soupirant, le jeune homme toqua à la porte fermée.

-Entrez, fit une voix enfantine.

Laon ouvrit la porte. Seyle était assis, observant le ciel qui devenait clair. Il était habilé, puis tourna la tête en voyant l'autre garçon.

-Oh ! Coucou Laon !
-B'jour. Faut aller réveiller les autres.
-D'accord.
-Vas réveiller Elan, j'vais voir Laïa.

Le jeune homme aux cheveux blancs se leva puis sortit de la chambre.
Les deux garçons se séparèrent dans le couloir.
Seyle n'avait pas beaucoup dormi, mais plus qu'à son habitude.
La porte de la chambre d'Elan était ouverte. La jeune fille dormait encore, emmitouflé dans sa couverture.

-Euh... Elan ?

La jeune fille se retourna. Elle n'avait visiblement pas entendu.

-Elan ? réessaya Seyle.
-Quoi ?!

Le ton avait été froid, sec. Le jeune homme frissonna.

"Waouh... Elle à l'air plus énervée que Laon."
-C'est Seyle. C'est l'aube, on va y aller.
-Ah... Ok. Pardon, fit-elle en se levant.
-Pas grave.
 
Le jeune homme sourit, puis quitta la salle en fermant la porte.

    De son côté, Laon avait déjà réveillé Laïa. Après s'être habillée d'un pantacourt bleu et d'un haut moulant noir, elle sortit de sa chambre et prévint son grand-père ainsi que le voisin. C'était quelqu'un d'âge moyen, vivant avec sa femme et ses enfants. Sa couleur de peau était foncée, presque noire, et son sourire était radieux, protecteur. Il accepta volontiers.
Les trois adolescents et la jeune femme partirent rapidement, après un petit déjeuner copieux.

-Voici notre route, les prévint Laïa en prenant une carte. Nous commencerons par gravir cette montagne. Cela nous prendra bien deux jours. Ensuite, nous passerons par le dessus du fleuve... Il y a un pont magnifique.
-On s'en fiche un peu, lança Laon.
-Là, il faudra monter. La forêt est à quelques jours de marche.
-On ne peut pas la contourner ? demanda Seyle.
-Non. Elle est trop dense pour ça. Il faudra la traverser. Ensuite... Ensuite, il y a un nouveau lac. Il faut faire attention, ça grouille de serviteur du seigneur. En plus, le courant est très fort. Heureusement, un pont nous permettra de passer, mais on dit qu'il est plutôt vieux. Un peu après, il y a le temple.
-Ca va nous faire une sacrée marche, remarqua Elan.

Laïa sourit.

-Oui. Environ deux semaines.

En saluant le vieil homme, les quatre compagnons partirent.

-Dites-moi, Laïa... commença Elan.
-Tu peux me tutoyer, tu sais.
-D'accord... Dis-moi, les seigneur... Depuis combien de temps est-il sur le trône ?
-Cela va faire un an.

La femme prononçait ces paroles avec de la tristesse dans la voix.

-Un an... murmura Seyle.

Le jeune homme portait un sac où plusieurs bouteilles d'eau était entreposés. Il regardait l'horizon. Un sourire illumina bientôt son visage.

-On va passer un chouette voyage, ensemble ! espéra-t-il en regardant les autres.
-J'espère. Enfin, avec toi et ta bêtise, peut être pas, rétorqua Laon.
-Laon, soupira Elan en levant les yeux au ciel.

Laïa sourit.

-Laisse le faire, Elan, fit Seyle. Je suis sûr qu'au fond il n'y pense pas.

Il disait ça avec un sourire lumineux.

-Tu penses vraiment que je n'y pense pas ? rajouta Laon.

Il n'eut aucune réponse. De toutes façons, il n'en voulait pas.

« Dernière édition: Août 06, 2009, 12:49:55 par Kayra »
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Re : Chrildren Prophecy : Le temple de la prophétie
« Répondre #2 le: Août 06, 2009, 03:15:04 »
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      La marche était longue. De temps à autre, les quatre compagnons se reposaient, fatigués, buvant ou se posant dans l'ombre d'un arbre. Parfois, le soleil était caché par d'épais nuages. À ces moments là, l'air semblait plus frais. Des fois, ils se posaient pour manger. Pour l'instant, ils étaient en train de marcher, un léger vent leur caressent le visage.

-Cela fait maintenant six heures qu'on marche, déclara Laïa en observant la position du soleil.
-Ha... Et on est où là ? demanda Elan, qui n'arrivait pas à se localiser sur la carte.
-Juste là.

La femme indiqua une pente de la première montagne en dessinant un rond invisible du doigt.

-On ne peut pas utiliser la magie pour aller plus vite ? s'enquit la jeune fille aux cheveux gris.
-Non, ça pourrait alerter le seigneur et ses serviteurs. Ils ont des détecteurs pour capter toutes sortes de magie. Les seuls endroit où il n'y en a pas, c'est là où ses serviteurs sont déjà placés.

Elan soupira. Elle était fatiguée, mais essayait de ne pas le montrer. Courir pendant un court instant, passait encore, mais marcher pendant six heures... La jeune fille observa Laïa. La femme ne semblait pas fatiguée, elle. Peut-être était-elle plus habituée.

"Oui... sûrement."

Laon, lui, semblait en pleine forme. Ce n'était pas autant de marche qui allait l'effrayer. À son grand étonnement, Seyle non plus n'était pas fatigué. Il regardait même les alentours avec une étonnante fascination, un sourire niais aux lèvres.

-Pff... soupira Laon.

Il s'ennuyait. Un peu de baston lui ferait plaisir. Mais ce n'était pas encore possible. Il lui fallait attendre encore. Ca allait être long.
Ses bras le démangeait. Depuis tout à l'heure, il ne bougeait que ses pieds.

-Hein ? chuchota Laïa.

Elle se décala sur le côté, près d'un grand rocher, en demander aux trois autres de faire pareil.

-Ce n'est pourtant pas une zone de serviteurs ! murmura-t-elle.

Les trois adolescents regardèrent devant eux.
Des personnes en armure, cachant leur visage, était assis sur des cheveux presque fantomatiques.
L'attente n'allait pas être si longue, finalement.

-Reste ici ! ordonna Laon à Laïa.
-Laon ! s'écria la femme.

Mais le jeune homme était déjà à découvert.
Les chevaliers tournèrent la tête. Des chuchotements sûrhumains parvinrent aux oreilles des compagnons puis un des serviteurs ordonna à son cheval d'avancer. La bête-fantôme courut.
Un seul geste.
Les deux êtres avait disparu.
Dans la main de Laon se trouvait l'épée longue et large que lui avait donné Inaë.
Les deux autre adolescent se levèrent à leur tour, laissant Laïa derrière le rocher gris.
Seyle effectua un salto pour esquiver une attaque d'un chevalier, puis, s'appuyant sur son bâton, il frappa l'adversaire du pied. Il se baissa pour esquiver l'épée d'un autre soldat, tandis que le premier disparaissait en tombant.
Quant à Elan, sa magie lui était pratique. Son long sceptre frappa le sol. Un vent violent emporte les ennemis trop proche, les faisant disparaitre à jamais. Elle stoppa la lame d'un autre. Une boule lumineuse apparut dans ses mains, puis la jeune fille la projeta sur l'adversaire qui tomba de son cheval. Il s'effaça à son tour, la bête-fantôme le suivant.

-Attention !

Le bâton de Seyle percuta la lame d'un adversaire qui allait abattre Elan. Le jeune homme le repoussa, et avec une agilité étonnante il enchaîna coup de poing et de pied pour battre l'adversaire.
Pendant ce temps, Laon abattait plusieurs adversaires. C’était des spectres, du moins il le pensait. En attendant, leur technique de combat était pratique : plus d’une fois, ils avaient bien failli l’avoir.
Il sauta, frappant l’un des ennemis qui disparut sans laisser de trace.

-Attaquer ensemble ! conseilla Laïa. Votre force en sera décupler et vous pourrez en sortir vainqueur !

Attaquez ensemble ? Laon détestait ça.

« Rah… Mais j’y suis bien obligé. Mince ! »

Il se déplaça. Elan était entourée des deux garçons. Elle frappa une nouvelle fois le sol de son sceptre, mais cette fois-ci elle se concentra en fermant les yeux. Deux cercles se formèrent, devant et derrière elle. Deux lasers orange apparurent, balayant tous sur leurs passages.
Les deux garçons sautèrent. Laon frappa de son épée l’adversaire qui se trouvait devant lui, puis se posa et courut en frappant les autres. Seyle, lui, frappa le sol avec le bout de son bâton et se servit de son élan pour pouvoir tourner, les mains sur l’arme, dans les airs. Il frappait les spectres du pied, les faisant disparaître au passage.
Puis tous les trois s’arrêtèrent.

-Waouh… souffla Laïa. Mais où s’arrête votre force ?

Elan sourit, tandis que Seyle, essoufflé, répondit :

-Oh, tu sais, nous avons des points faibles, comme tout le monde. Par exemple, je déteste tuer, mais là c’était des spectres… Enfin, ça n’empêche pas que je n’aime pas me battre.
-Un point faible ? s’étonna Laon. Moi ?
-Eh oui Laon, soupira Elan. Tout le monde a un point faible… même toi.
-Mais… Vous n’êtes pas trop fatigué ? demanda Laïa.
-Ca va, déclara la jeune fille.
-Pareil, fit Seyle.

Laon secoua seulement la tête.

-Mouais… dit la jeune femme en posant un regard malicieux sur le jeune homme aux cheveux noirs. Nous allons nous poser quand même, ça vous redonnera des forces. Mais pas ici, c’est dangereux. Allons un peu plus en amont.

Elle pointa la colline devant eux avec son index. Les quatre compagnons se regardèrent, puis montèrent la colline sans se retourner.
Une fois arrivé, ils s’assirent. Seyle se coucha dans l’herbe d’un vert magnifique. Il observa le ciel en plissant légèrement les yeux. Il faisait un très beau temps, et quelques rares nuages se trouvaient là, comme esseulés, dans ce ciel d’une très belle couleur bleu rosé. Puis il ferma les yeux, écoutant le chant des oiseaux, ne faisant pas attention aux paroles d’Elan et de Laïa.

-Ca a toujours été comme ça ? demanda la jeune fille aux yeux orange. Je veux dire, le paysage.
-Oui… Avant que le seigneur ne s’installe, c’était le lieu préféré des amoureux, répondit la femme avec un air nostalgique qui n’échappa pas à l’adolescente. C’est magnifique, n’est-ce-pas ?
-Oui…

La magicienne baissa les yeux.

-Ce seigneur… Est-ce la soif de pouvoir qui l’a rendu si cruel ?

Surprise, Laïa l’observa. Les cheveux lisses et gris d’Elan flottait légèrement, sauf les deux mèches attachés qui retombaient sur ses épaules. Mais la femme ne répondit pas tout de suite. Effleurant l’herbe du bout de ses doigts, elle leva la tête.

-Non, c’est autre chose, déclara-t-elle enfin. Quelque chose qu’il ne laissera jamais paraître.

Laon, qui jusque là gardait les yeux fermés, ouvrit les paupières et regarda Laïa. La femme avait un sourire énigmatique aux lèvres.
Le garçon croisait les bras et était adossé sur le tronc d’un arbre. L’ombre de la plantation le cachait de la lumière du soleil, qu’il avait du mal à supporter. Même si la marche ne le fatiguait pas, il avait l’impression que l’astre brûlant le poursuivait… Il n’aimait pas ça. C’est pourquoi au plus profond de lui-même, il était content que son signe soit la lune. C’était un astre mystérieux, sombre comme lui.
Ses yeux rouges brillèrent puis il observa les buissons épineux.
Peut-être était-ce l’effet du vent, mais un des buissons semblait être secoué. Ce n’était déjà l’imagination de Laon. Il était sûr de voir les feuilles de la plantation bouger.
Pourtant, le garçon ne bougea pas. Il observait, c’est tout.
Puis il détourna la tête. Le maître d’armes ferma les paupières.
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Re : Chrildren Prophecy : Le temple de la prophétie
« Répondre #3 le: Octobre 27, 2009, 12:16:40 »
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Et ça continu ^^

Quatrième chapitre

-Seigneur...

L'homme resta assis. Il observait droit devant, comme si l'esprit qui l'avait interpellé n'existait pas.

-Oui ?
-Seigneur... Les porteurs des signes ont vaincus vos serviteurs...

Keïgi se leva d'un bond. Ses points étaient serrés, mais son regard bandé était toujours fixe.
L'esprit qui lui avait raconté la nouvelle n'était pas comme les autres. Il n'avait pas de nom, mais il était en quelque sorte l'espion du seigneur. Il était en ce moment même agenouillé sur le carrelage gris de la pièce où ils se trouvaient.

-De plus, ils étaient accompagnés d'une femme...
-Pardon ?

Etrangement, la voix de Keïgi était plus posée que d'habitude, mais un brin de surprise trompait cette impression.

-Comment est-elle ?
-Elle a les yeux marron et les cheveux bouclés bruns. Elle est plutôt grande et sa peau est d'un beige pâle.

Le seigneur ne répondit pas. Enfin, pas immédiatement. Puis, il se retourna, croisant les mains derrière son dos.

-Bien. Augmente le nombre de chevalier devant et derrière la forêt.
-Oui, seigneur.

L'esprit partit, tandis que Keïgi fronçait les sourcils. Mais il ne les fronçait pas par colère. En fait, personne n'aurait pu dire pourquoi.

-Pourquoi ? Pourquoi toi ? chuchota-t-il.

Au fond de lui, il sentit quelque chose... C'était un sentiment qui lui était presque inconnu depuis qu'il était seigneur.
Inconnu, oui. Oublié, non.
Même si, effectivement, il ne l'avait pas revu depuis, il ne rêvait que d'elle chaque nuit.

           La nuit... Dans ces cas-là, elle n'arrivait jamais à dormir.
Depuis qu'il était partit.
Depuis que sa route et celle d'Inaë avaient été barrée. Laïa se retourna. Elan aussi ne dormait pas. Son sceptre dans la main, elle illuminait la nuit par une quelconque magie. Laon dormait contre un arbre, un peu plus loin, et Seyle ronflait doucement dans l'herbe, ses chaussures sur le côté. La lune, rouge dans ce monde, les éclairait presque autant que la magie d'Elan.

-Tu n'arrives pas à dormir ? demanda soudain la jeune fille en posant son regard orange sur Laïa.
-Non.

La femme s'approcha de la magicienne, marchant doucement pour ne pas réveiller Seyle.

-Dis-moi, Elan... Là où tu étais avant, tu faisais un boulot spécial ?
-Oui... En fait, je travaillais pour le roi. Si tu veux, je faisais partit de la garde royale, en tant que magicienne la plus fidèle de Sa Majesté.
-Et... ça te plaisait ?
-Oui.

Elan sourit. Laïa observa les étoiles, comme si elle attendait qu'une étoile filante passe pour faire un voeu. Puis elle ferma les yeux.
La jeune fille regarda à son tour le ciel d'un noir d'encre. D'habitude, elle dormait presque tout de suite la nuit. Mais là... C'était peut être la lourde tâche qui pesait sur eux, ou encore le changement de monde. Elle n'avait absolument pas envie de dormir. Du moins, pas pour le moment.
Elle se remémora cette journée. Ils avaient bien avancé, et pour Elan le chemin avait été particulièrement long. D'après les prévisions de Laïa, ils finiront de gravir la montagne soit le lendemain soir, soit le surlendemain matin. Elan était pressée d'être ce jour là. Surtout que la femme avait dit que le pont était magnifique.
L'élue regarda une fois encore la femme. Un sourire énigmatique, le même que lorsqu'ils étaient sur la colline, était dessiné sur ses lèvres.
Puis l'adolescente regarda autour d'elle. Il n'y avait personne, à part eux bien sûr. En tout cas, il n'y avait pas ces espèces de chevaliers-spectres. Elle se concentra tout de même, essayant de repérer des présences.

"Rien. Tant mieux."

Ce n'était donc pas la peine qu'elle fasse un bouclier. Baillant lentement, la jeune fille ferma les yeux, puis rouvrit les paupières et observa une nouvelle fois Laïa.
Celle-ci s'était couchée dans l'herbe mais ne dormait pas.
Elan fit disparaître son sceptre en même temps que la lumière, espérant que les étoiles veilleraient sur eux.
Puis, doucement, elle s'endormit.

             Seyle ouvrit les yeux. Il était tôt. L'aube colorait le ciel en un bleu clair. Le soleil n'allait pas tarder à se lever. De toute façon, le garçon ne dormait jamais trop longtemps.
Il s'étira, se leva doucement et contempla le paysage.
Il n'était plus chez lui... Ca lui faisait bizarre.
Pourtant, il en était content.
Enfilant ses chaussures, le jeune homme se mit à marcher lentement, passant à côté d'Elan, qui était encore endormit. Il ne voyait pas Laon. Par contre, Laïa était plutôt proche d'Elan. On n'aurait pas dit qu'elle dormait, plutôt qu'elle se reposait. Mais Seyle passa devant. Il s'approcha du bout de la colline, observant la magnifique vue sur le village...
D'ici, la mer était encore plus belle, plus bleue que devant. Les maisons, à moitié cachées par l'ombre des arbres, semblaient vraiment minuscule.
Le jeune homme sursauta lorsqu'il sentit une présence à ses côtés. Il tourna la tête...

-Ah, bonjour Laon ! salua Seyle.

Le maître d'arme ne posa même pas un regard sur l'autre garçon. Il regardait l'horizon comme s'il espérait voir quelque chose de très important... Seyle était un peu déçu, mais il reprit tout de même avec un grand sourire :

-Bien dormi ?
-Ouais.

Ce fut la seule réponse. C'était incroyable comme il pouvait paraître si sérieux. Aucun sentiment, pas même un instant, ne passait sur son visage. A part peut-être cette impression coléreuse, comme s'il n'était jamais content.
Seyle retourna la tête vers le paysage, puis il s'assit dans l'herbe. La terre était sèche, il n'avait pas peur de tâcher ses beaux vêtements.
Laon, lui, resta debout. Le paysage était vraiment différent par rapport à là où il habitait. Chez lui, il n'y avait pas de mer. Il faisait aussi plutôt froid, car il habitait vers le nord. Au final, cela ne lui manquait pas trop. Même, ça ne lui manquait pas du tout. De toute façon, il n'avait pas d'amis. Et comme il l'avait déjà dit, il ne voyait même pas à quoi ça servait.

-Dit, Laon, là où tu habitais, c'était comment ?

Le maître d'arme ne regarda même pas l'autre garçon.

-Je n'aimais pas là où j'habitais, répondit-il. Il ne faisais pas chaud, c'était presque le contraire. Il y avait des écoles de tout : normale, pour apprendre à faire de l'épée, et bien d'autre encore. Les maisons n'étaient pas trop grandes, certaines contenaient même qu'une seule pièce. Il y avait beaucoup de groupe de racaille. Mais la végétation n'était pas trop rare.
-Tu faisais partit d'un de ces groupes de racaille ?

Pour la première fois de la journée, Laon osa poser son regard rouge sur Seyle.

-Non.
"Ce n'était pas la peine. Je suis assez fort pour me débrouiller seul."
-Mais j'ai assez parlé de moi...

Seyle comprit immédiatement que c'était à son tour de parler.

-J'habitais dans une belle et grande maison...
"Même si je dois avouer qu'on ne me laissais pas en profiter."
-... Il y avait une rue, pas très loin de là, où les maisons étaient entièrement blanche. Près de chez moi, il y avait une forêt et un arbre. Un chêne. C'était un chêne gigantesque, et la nuit il était d'un noir d'ébène.

Il repensa aux mots qu'avaient prononcé Inaë :
"Même s'il ne peut pas bouger, il t'a protégé."
-Le nom de mon pays était d'ailleurs le Chêne Noir.

Il s'arrêta là. Laon remarqua que sa voix avait légèrement tremblée, comme si un souvenir refaisait surface.
Seyle avait peur. Affreusement peur. Mais comment avoir peur d'une forêt ?
Ce garçon avait beau être souriant, gentil comme tout, et peut être même extrêmement naïf, il était aussi plutôt mystérieux.
Le garçon au cheveux noirs se retourna une nouvelle fois, observant le paysage.
Un léger vent caressa son visage. L'air était frais. C'était agréable car, même si ce n'était que le matin, le soleil tapait plutôt fort et il faisait assez chaud.
Il y avait toutes sortes de personnes, dehors : de vieilles personnes, des plutôt jeunes, des gamins, des personnes d'une couleur de peau foncé, des fois presque noire, des blancs et entre les deux. Tous avait l'air de bien s'entendre. Mais d'après les gestes qu'ils faisaient, ils redoutaient tous quelque chose. Le seigneur, sûrement. Comment ce seigneur avait-il pu inspirer autant de crainte en si peu de temps ?

-Bonjour Elan ! Bien dormi ? s'exclama Seyle.
-Bonjour Seyle. Oui, j'ai très bien dormi ! Et toi ?
-Bien ! Merci !

Laon se retourna, observant la jeune fille qui s'approchait. Elle avait effectivement l'air d'être en pleine forme.

-Bonjour Laon !

Il ne répondit pas. Mais qu'avait-il tous à dire bonjour ?

-... Charmant, déclara la magicienne après que quelques minutes se soient écoulés.

Seyle eut un petit rire, vite fini après le regard que lui lança le maître d'arme. Il se retourna une fois encore, cette fois-ci avec Elan et le garçon aux cheveux blancs à ses côtés.

-C'est magnifique, ici... remarqua la jeune fille.
-C'est pas tous les jours comme ça ! s'exclama quelqu'un derrière eux.

Tous se retournèrent. Laïa les observait, un sourire dessiné sur ses lèvres et les mains sur les hanches.

-Grand-père a du leur dire que les porteurs des signes étaient arrivés. Maintenant, nous avons confiance.

Elle les observa un à un.

-Confiance en vous.

Le sourire de Seyle se fit plus grand. Il parut gêné.
L'expression de Laon ne changea pas. Le garçon observa toujours Laïa avec ce sentiment de supériorité. Pourtant, cette fois-ci, cela changea un peu. Il la regarda avec plus de respect. Elle n'était pas celle qu'il croyait. La première fois qu'il l'avait vu, elle avait parut enfantine. Et pas très franche sur certains points. Mais là, c'était différent. Elle avait l'air d'avoir murie.

-Bon, on mange et après on y va. Ok tout le monde ?
-Oui m'dame ! s'exclama Elan.
-Manger ! fit Seyle en se dirigeant vers la femme.

Laon leva les yeux au ciel.

"Toujours aussi crétin, celui-là !", songea-t-il.

Il avança à son tour, suivant la magicienne.

            Le matin était passé rapidement. Ils étaient maintenant presque arrivé au pont.

-Encore aujourd'hui ! Et si vous tenez bien le rythme, on sera vite arrivé ! avait remarqué Laïa.

Mais Seyle appréhendait. Il essayait de son mieux de le cacher, mais il avait peur d'arriver jusqu'à la forêt. Pourtant, il riait, il souriait.
Laon soupira. Il y avait plus de nuages que lorsqu'ils s'étaient réveillés, et il faisait plus froid. Mais le garçon était pressé d'arriver. Il n'était pas fatigué, par contre. Pas comme Elan. La jeune fille soupirait souvent, si souvent que par moment le maître d'arme, d'habitude si calme, voulait lui crier dessus. La magicienne n'avait apparemment pas l'habitude de marcher si souvent.

-Là où tu habitais, tu ne faisais pas des balades, Elan ? avait demandé Seyle.
-J'arrive à courir assez longtemps sans trop m'essouffler, avait-elle répondu. Mais je dois avouer avoir du mal avec les montés.
-Avec le temps, tu finiras bien par t'y habituer ! avait sortit Laïa. Et puis on n'a pas trop le choix, là.
-Oui...

Pas trop le choix ?
Laon releva la tête. Qui lui avait dit "on a toujours le choix", déjà ? Ah oui. C'était monsieur Giff, lorsqu'il était entré pour la première fois dans cette école.

"Y être allé de gré ou de force... Toi, tu as dit qu'on t'avais forcé ? Tu n'avais pas le choix ? On a toujours le choix, gamin. Toujours."

L'élu se remémorait ses paroles. Il aurait bien voulu que le prof soit à sa place, ce jour là. On aurait vu s'il était toujours de cet avis.
Seyle fit apparaître son bâton, invitant Elan à faire de même avec son sceptre. Ce qu'elle fit, d'ailleurs. On voyait sur son visage qu'elle était fatiguée. Mais Laïa ne voulait pas qu'ils s'arrêtent.

-S'il te plaît, Laïa ! protesta Seyle. Elan est fatiguée ! N'est-ce pas, Laon ?

Celui-ci garda le silence. Il haussa juste un sourcil et regarda l'adolescent aux yeux jaunes.

-Merci de l'aide, Laon, marmonna Elan. T'es trop sympa.
-Tssk, lança simplement le maître d'armes.
-Non, trancha la femme. Sinon, nous perdrons du temps. Et le seigneur en gagnera, lui.

Elle tourna la tête. Dans ses yeux marron brillaient une lueur indéchiffrable. Etait-ce de la tristesse ou de la haine ?

-N'oubliez pas que nous comptons sur vous.

Seyle baissa un instant la tête.

-Oui...

Elan l'observa. Il s'inquiétait vraiment pour elle...
Lorsqu'il laissa passer Laïa devant lui, toujours avec la même expression, elle s'approcha et posa une main sur l'épaule du jeune homme.

-Merci, Seyle, mais il ne faut pas t'en faire.

Elle essaya de faire son sourire le plus rassurant. Ses yeux orange étaient plongés dans ceux, jaunes, du garçon. Il sourit à son tour. Un beau sourire, qui illuminait son magnifique visage.

-Oui !

Ils rejoignirent les deux autres. Laon ne posa même pas ses yeux rouges sur eux, mais ils commençaient à en avoir l'habitude.
Le reste de la journée passa vite. Ils ne firent aucune pause. Elan fut heureuse quand le crépuscule vint. Seyle, lui, observait le soleil couchant, un doux sourire aux lèvres. Laon s'écarta des autres, déçu de cette journée sans bataille. Il s'adossa contre un arbre, pas très loin des autres. Laïa resta aux côtés de Seyle et d'Elan, profitant de la fraîcheur du soir.
La femme ferma les yeux. Il faisait bon...

-Vous avez vu comme c'est beau ? s'exclama Seyle.

Laon tourna la tête de son côté en même temps qu'Elan et Laïa, qui avait ouvert les yeux.

-Maintes fois, j'ai rêvé de pouvoir observer le soleil couchant, raconta l'adolescent aux cheveux blancs.
"Chaque jour. Chaque heure. Je souhaitais de toutes mes forces, comme si cela pouvait me libérer de la peur qui me gagnait tous les jours."
-Mais je n'en ai jamais eu l'occasion. Mon rêve ne se réalise qu'aujourd'hui...

Cette dernière phrase avait été comme un murmure qui pouvait être transporté par le vent.
Le soleil disparu, caché par la mer. Le ciel s'assombrit, faisant apparaître peu à peu la lune et les étoiles. Le ciel fut bientôt d'un noir d'encre.
Tous s'endormirent rapidement. Tous, sauf, comme la dernière fois, Laïa. Sauf que cette fois-ci Elan ne lui tiendrait pas compagnie.

             Keïgi ouvrit la porte de la salle du Grand Chef. Il y allait plus souvent, ces temps-ci. En fait, depuis que les trois adolescent étaient apparus. Mais maintenant que le seigneur  savait qu'elle les accompagnait, quelque chose avait changé en lui. Des souvenirs le gantaient chaque nuit, comme si tout d'un coup ils avaient refait surface. Souvenirs qu'il avait autrefois réussi à fuir...
Pourquoi ? Pourquoi maintenant ?

-Ah, te voilà enfin, soupira le Grand Chef.

Keïgi remarqua que l'intonation de sa voix n'était pas la même que d'habitude. Le Grand Chef s'inquiétait. Ce n'était pas normal.

-Les élus avancent. Il faut les empêcher de continuer plus ! ordonna le spectre en s'approchant du seigneur.
-J'ai demandé à ce que le nombre de chevalier soit augmenté autour de la forêt, déclara calmement l'homme.
-Bien.

Le Grand Chef disparut, réapparaissant près de la fenêtre. La lumière filtrait à travers lui comme s'il n'avait jamais existé. Mais ce n'était pas le cas. Son regard violet et inquiet parcourait la ville sur laquelle la fenêtre donnait.
Si sa peau rouge translucide avait été la peau d'un homme, il aurait été aussi blanc qu'un cachet d'aspirine. Oui, il s'inquiétait.

-Tu peux disposer.
-Bien.

S'inclinant légèrement, le seigneur partit. En fait, ils n'avaient pas eu grand chose à se dire. Une simple visite de routine...
Le seigneur se figea. Son image lui revenait en tête...
Un rire joyeux. Une main qui se tendait vers lui, comme pour le demander de venir.
Puis un visage.
Une belle jeune femme.
Keïgi tomba sur les genoux. La question qu'il s'était posé en rentrant dans la salle du Grand Chef lui revint en tête.
Pourquoi ? Pourquoi maintenant ?
Son coeur battait à toute allure. L'image se dissipa peu à peu, mais cette fois-ci ce fut l'homme qui tendit la main.

-Non...

Il bascula en arrière.

             Le pont était effectivement magnifique. Il était grand, et à la lumière on aurait pu croire qu'il brillait autant que les étoiles la nuit. Il était d'un bleu glacial, et fait de pierre clair, parfois ressemblant presque à des miroirs.

-Waouh... souffla Seyle.

Laïa eut un petit rire en voyant le visage émerveillé du garçon.

-C'est magnifique ! déclara Elan.

Laon, comme d'habitude, ne parla pas.

-Vous avez vu ? fit Laïa, en observant le pont. C'est la fierté du pays. On dit que ce sont des mages qu'ils l'ont créé. Mais ça fait rudement longtemps.

La magicienne effleura le pont du doigt. Voilà pourquoi les pierres étaient ainsi.

-Ce doit être fragile, non ? demanda-t-elle.
-Non. C'est très robuste, répondit la femme.

Le fleuve coulait doucement. Cela faisait un bruit apaisant.
Ils traversèrent le pont lentement, profitant du magnifique spectacle qui s'offrait à eux.
Une fois qu'ils eurent rejoins la terre ferme, Seyle se retourna. C'était toujours aussi beau. Cet instant lui avait paru être court, trop court. Puis il rejoignit les trois autres.
Quelques jours de marche, puis ils traverseraient la forêt. Seyle appréhendait toujours autant, et cette seule pensée le fit frissonner.   

 
Journalisée

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